habillage
premium1
habillage
actu_23488_vignette

Manque d'éthique pour une clinique

Le 29 oct. 2014

Une clinique privée s’est essayé à la publicité sexy et décalée dans la Loire : une stratégie qui a fortement déplu aux institutions de santé, peut-être un brin trop conservatrices en matière de communication et de leur précieuse déontologie.

Ce sont deux visuels diffusés par la clinique privée du parc de Saint-Priest-en-Jartelle Jarez dans la Loire, qui ont créé la polémique : l’un dévoilant une jeune femme à la tenue d’infirmière très courte, l’autre arborant un jeune homme en tenue blanche, stéthoscope au cou et dont la chemise ouverte laisse entrevoir une musculature digne des mannequins d'Abercrombie & Fitch. Outre le sexisme évident, stigmatisant l’image des infirmier(e)s, c’est surtout la signature fustigeant clairement les centres médicaux de la région qui pose problème : « Ailleurs, certains soignent les apparences. Ici…c’est vous que nous soignons. »

Ayant pour but de bousculer les codes via une campagne décalée mais surtout de faire connaître les offres de sa clinique au grand public, son Directeur Xavier Rebèche a réussi son pari d’attirer l’attention. Peut-être un peu trop puisque c’est désormais l’Ordre des Médecins de la Loire qui se penche de très près sur son cas, suite aux saisines mécontentes de plusieurs cliniques, du Centre Hospitalier Universitaire et de l’Ordre des infirmiers de la Loire.

En effet, si elle semble amuser le grand public ou être incomprise, la campagne indigne surtout le milieu médical car représente une atteinte à son Code de Déontologie. D'après Jean-François Janowiak, secrétaire général de l'Ordre des Médecins de la Loire, la campagne ne respecte ni l’article 20 stipulant que «  le médecin ne doit pas tolérer que les organismes, publics ou privés, où il exerce ou auxquels il prête son concours utilisent à des fins publicitaires son nom ou son activité professionnelle » ; ni l’article 56 selon lequel « les médecins doivent entretenir entre eux des rapports de confraternité », ainsi que l’article 68 d’après lequel « les médecins doivent entretenir de bons rapports avec les membres des professions de santé ». Directement visés, le directeur médical et le président de la commission médicale de l’établissement (CME) n'étaient, d’après le directeur de la clinique, pas au courant de cette opération.

Ce séisme de niveau 1 sur l’échelle de la santé s’estompera lundi prochain : le Conseil départemental se réunira pour décider si les preuves dont ils disposent sont suffisantes pour porter plainte contre la clinique.

Atteinte morale et déontologique ou humour publicitaire? Quoi qu’il en soit, ce qui est sûr, c’est que l’épidémie du bad-buzz n’a pas de frontières.

 

L'ADN - Le 29 oct. 2014

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.