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Le XXIème a son piano

Le pianiste hongrois Gergely Bogányi a revisité les formes du piano à queue classique : il a troqué le bois contre le composite et transformé en profondeur l’objet. Magnifique !

Les instruments de musique classique ont un caractère sacré et la quête du son parfait a toujours obsédé les musiciens et notamment les pianistes. Allongements des cordes, substitutions des marteaux de cuir, jugés trop lourds, par  des marteaux de feutre, apparition des pianos de sept octaves à partir du 19ème siècle… toutes ces évolutions ont contribué à le chercher au cours des siècles.

Aujourd’hui, Gergely Bogányi fait entrer le piano dans une nouvelle ère : le pianiste hongrois avec Louis Renner, fabricant allemand de mécaniques de pianos droits, de pianos à queue et de têtes de marteaux, a totalement repensé en composite la mécanique de l’instrument et ses 18 000 pièces: ainsi la table d'harmonie, pièce centrale de l’instrument et partie très importante de sa sonorité, a été réalisée avec ce matériau, à la place du traditionnel cadre de fer et de bois, tout comme la caisse de résonance, normalement de bois. Ils ont été épaulés par une équipe de designers et d'ingénieurs.

« Pendant des années j’ai joué avec, dans ma tête, un son différent de celui que je jouais. Celui-ci a toujours appartenu à une sphère différente de celle du son réel qui émanait du piano », souligne Gergely Bogányi. Son objectif était de créer un instrument résistant aux attaques externes afin de produire le meilleur son; la sécheresse, la poussière, l'humidité ayant une incidence de poids sur la sonorité du piano. Une transformation en profondeur qui s’accompagne d’un nouveau design : des courbes épurées et modernes, presque futuristes, habillent le piano à queue qui repose sur deux pieds incurvés, plutôt que les trois traditionnels et droits, pour que la sonorité soit portée avec plus de puissance et en même temps de clarté au public.

La plupart des pianos qui composent les salles de concert sont des Steinway. Pour Gergely Bogányi, il était difficile de faire mieux sur cette voie, il était donc nécessaire d’aborder cette quête du son parfait en prenant un tout autre chemin. « Le bois a ses avantages et ses inconvénients. Il est fragile, change et réagit à tous les éléments externes. Le composite, un matériau complexe également utilisé dans la technologie spatiale, n’est pas sujet à de tels changements ».

Le prix de ce piano à queue de Bogányi devrait avoisiner les 200 000 euros.

 

( Photographies Marjai Judit via Deezen)

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