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2015 sera collaboratif

Le 9 déc. 2014

A l’occasion d’un panel organisé par LeWeb, Jeremiah Owyang, fondateur de Crowd Companies affirme que 2015 sera l’année de l’économie collaborative. Tenez-vous le pour dit.

Jeremiah Owyang a fondé Crowd Companies, un organisme qui permet aux marques d’apprendre sur l’économie collaborative, et de s’y engager. L’économie collaborative, c’est un modèle qui permet aux gens d’obtenir ce dont ils ont besoin au sein d’une communauté. Un modèle qu’il compare volontiers aux nids d’abeille, « ces structures naturelles et résistantes qui permettent au plus grand nombre d’accéder, de partager, et d’améliorer les ressources au sein d’un groupe ».

En ce sens, il a créé le Collaborative Economy Honeycomb, un schéma structuré en nid d’abeilles qui représente les différentes catégories de start-up qui agissent dans une logique d’économie collaborative. Dans sa première version, le graphique ne représentait que six catégories :

1. Biens de consommation

2. Alimentation

3. Services

4. Transports

5. Espace

6. Argent / devises


Un graphique qui a été élaboré il y a 7 mois, et qui est déjà remis à jour : l’économie collaborative continue en effet de séduire de plus en plus de secteurs, et le graphique dévoilé hier lors d’une conférence organisée par LeWeb comprend désormais 12 catégories.

7. Santé & bien-être : un sujet sur lesquels les consommateurs prennent de plus en plus le pouvoir, et sur lesquels se positionnent des entreprises telles qu’Helparound, qui permet aux personnes atteintes de diabète de s’entraider, mais aussi d’avoir accès à un suivi médical.

8. Logistique : il n’y a plus d’espaces perdus, et la logistique n’échappe pas à la règle. Roost,  par exemple, propose de partager les parkings ou les espaces de stockage avec ses voisins.

9. Corporate : les entreprises peuvent désormais avoir leurs propres expériences, du type LocalMotion pour remplacer Uber.

10. Services publics : il existe désormais des moyens de partager l’énergie (Vandebron), le WiFi (Fon), ou des moyens de financer l’énergie solaire (Mosaic).

11. Municipalités : les villes incitent de plus en plus les citoyens à partager leurs véhicules. Et oui, Vélib’ et Autolib’ sont bien des exemples d’économie collaborative.

12. Apprentissage : permet de partager ou revendre ses livres, mais aussi d’aider les étudiants avec leurs devoirs et de trouver des stages ou un premier emploi.

 

 

Comment expliquer un tel attrait pour l’économie collaborative ?


Pour David Estrada, Vice President of Government Relations chez Lyft, les smartphones ont permis de créer quelque chose qui n’existait pas auparavant : des infrastructures digitales. Frédéric Mazella, Founder & CEO de Blablacar, il s’agit d’exploiter des ressources qui coûtent cher, et que tout le monde a à disposition. « Conduire une voiture a toujours représenté un investissement. Aujourd’hui, nous avons la possibilité de savoir qui conduit vers quelle destination. Nous avons créé un service qui est une extension naturelle des habitudes des consommateurs. »

Olivier Grémillion, Managing Director Europe & Africa d’Airbnb ajoute que la crise a pu être un levier de croissance des entreprises collaboratives, mais que c’est bel et bien la technologie qui leur permet d’avancer. « Aujourd’hui, il est aussi facile de réserver un appartement qui se trouve de l’autre côté de la rue ou de l’autre côté du monde ». Il insiste aussi sur l’aspect sociétal : ces nouveaux services permettent de rencontrer et d’échanger avec les autres utilisateurs.

Pour ces acteurs, qui ont réussi à allier une stratégie locale à un développement international, il est important de savoir garder une cohérence. « Il faut que l’image soit la même à travers les pays, tout en étant adaptable aux spécificités locales », indique Frédéric Mazella. Pour lancer Lyft dans différentes villes, David Estrada explique qu’il faut absolument comprendre le marché. Quant à Airbnb, c’est un service qui est international « par essence. Les utilisateurs ont proposé naturellement de louer des logements qui n’étaient pas aux Etats-Unis. », précise Olivier Grémillon.

Pour ce qui est de la sécurité et la protection des utilisateurs, les trois intervenants sont plutôt optimistes quant à la capacité des communautés à chercher à s’entraider plutôt qu’à profiter d’un système. « Ce qui est incroyable, c’est le peu d’accidents que nous rencontrons. Airbnb rembourse les hôtes s’il y a de la casse lors d’un séjour, mais cela arrive très peu. Les profils sont checkés, et surtout les hôtes et les voyageurs sont notés », indique Olivier Grémillon. En ce qui concerne l’utilisation des données, Frédéric Mazella raconte qu’elles sont traitées uniquement de manière anonymes, et uniquement à des fins d’analyse : il ne s’agit pas de révéler quel type d’utilisateurs fait tel trajet. Et David Estrada le confirme : « ce qui est au cœur du business, c’est la confiance et la sécurité des utilisateurs. »

Interrogé sur les possibles réticences des gouvernements et des collectivités, Frédéric Mazella rappelle le fonctionnement de Blablacar : « Les utilisateurs ne gagnent pas d’argent sur Blablacar. Nous proposons juste une plateforme qui permet de partager les coûts : en ce sens nous ne sommes pas concurrents de services qui pourraient déjà exister. Nous n’avons pas de conducteurs professionnels… Ce sont juste des valeurs de partage qui animent la communauté. Ce qui a pu se passer, c’est que les innovations ont évolué plus rapidement que les mentalités ». Olivier Grémillon le confirme : « ce qui prend du temps, c’est de dépasser le statut de nouveau phénomène. En tant que nouveauté, il est naturel de se confronter à certaines réticences, des idées reçues qui ne correspondent pas à ce que vous faites. Il faut alors expliquer aux gens la valeur du service. C’est logique qu’il y ait matière à débattre, mais cela crée des discussions saines ». David Estrada explique de son côté qu’il a fallu convaincre les gouvernements de leur laisser prendre en charge une partie de ce qui leur incombait : « finalement, nous les aidons dans leur travail de régulation ».


En conclusion, et pour 2015, Jeremiah Owyang prédit cinq tendances :

- Les start-up vont investir massivement chacun des secteurs du Honeycomb. Ce sont les investissements et la réalisation des projets qui permettra d’ériger certaines initiatives en réelles opportunités,

- Les plateformes déjà matures vont développer leurs APIs,

- Un débat global sur la sécurité des utilisateurs, la protection et le partage des données en lieu est inévitable,

- Les utilisateurs réclameront que les start-up partagent la valeur avec eux

- Les gouvernements et grandes entreprises prendront conscience qu’ils doivent adopter le modèle collaboratif, popularisant le mouvement

 

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