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ORLAN

ORLAN fait danser et chanter son double robotique au Grand Palais

Le 9 mai 2018

Œuvre majeure de l’exposition Artistes & Robots, le robot ORLAN-oïde, construit à l’effigie de l’artiste, hybride intelligence collective et artificielle. À découvrir jusqu’au 9 juillet !

Commandée par le Grand Palais pour l’exposition Artistes & Robots, l'installation « Strip-tease artistique, électronique et verbal » clôture le parcours avec une performance théâtrale nourrie au deep learning. Avec humour et poésie, ORLAN nous propose de découvrir son double, un robot humanoïde qui danse, parle et chante avec sa propre voix et ressasse les obsessions qui ont jalonné son parcours d’artiste.

Le 16 mai à 19H - une rencontre exclusive avec ORLAN est organisée au Grand Palais autour de son œuvre ORLANOÏDE. Au programme, visite libre de l'exposition Artistes & Robots - rencontre avec l'artiste - cocktail dans le Salon Clemenceau.

Pour tenter de gagner votre invitation, inscrivez-vous gratuitement sur CultureSecrets en mentionnant ORLAN en réponse à la question "Comment avez-vous entendu parler de CultureSecrets ?"


 

« Les nouvelles technologies nous proposent aussi de reconstruire le corps et c’est une réalité qui résonne parfaitement avec ce que j’ai toujours essayé de faire sur le mien »

orlanoide

« Je voulais que mon robot puisse s’exprimer avec mon grain de voix et génère des mots et des mouvements de façon totalement aléatoire », nous explique l’artiste dans son atelier. « J’ai donc eu l’idée de créer un générateur de paroles dans lequel j’ai enregistré 20 000 mots. Ces mots sortent de la bouche du robot en temps réel tandis que des textes s’affichent sur des écrans en parallèle ». Au moyen de deux écrans plats, de trois caméras et d’un détecteur de présence, l’artiste dialogue avec son ORLAN-oïde et interroge les applications de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies, notamment sur le corps humain.

« J’ai toujours voulu essayer d’expérimenter les nouvelles technologies. Quelque part, elles nous proposent aussi de reconstruire le corps et c’est une réalité qui résonne parfaitement avec ce que j’ai toujours essayé de faire sur le mien », poursuit-elle.

Au début des années 90, ORLAN a eu recours à différentes interventions chirurgicales pour transformer son visage et combattre, entre autres, les stéréotypes attribués au corps féminin et à sa beauté. Dans la continuité de sa série « Strip-tease » à laquelle on doit les œuvres « Strip-tease occasionnel à l’aide de draps de trousseau », « Strip-tease des cellules jusqu’à l’os » et « Strip-tease tangible en nanoséquences », ORLAN continue d’interroger les pressions, sociales, politiques et religieuses qui s’y rattachent.

Strip-tease occasionnel à l’aide de draps de trousseau

« Strip-tease occasionnel à l’aide de draps de trousseau » - ORLAN

« Il y a, dans toutes ces performances, l’idée que le striptease, pour une femme, est impossible. Elle est toujours revêtue des idées, des fantasmes, des aprioris, des modèles des autres et ne peut s’en dévêtir. Avec cette série, je montre mon corps de toutes les manières possibles et inimaginables, mon macrobiote, mes cellules, mes os… », explique-t-elle en brandissant son propre crâne imprimé en 3D et réalisé à partir de scans médicaux. Il ne manquait plus que le corps animé d’un robot pour compléter le tableau.

Une performance au carrefour des « intelligences » du siècle

« Je voulais mêler à cette œuvre toutes les intelligences de notre époque, à savoir de l’intelligence artificielle, mais aussi de l’intelligence sociale et collective. Nous avons posté, sur mon site et les réseaux sociaux, un questionnaire de Proust auxquels le public est invité à répondre. Ce sont aussi leurs réponses qui viennent nourrir mon générateur de mots », explique ORLAN.

Sur orlan.eu, l’artiste invite les internautes à créer une œuvre participative en répondant au questionnaire. En parallèle, elle demande à de nombreuses personnalités, parmi lesquelles Cédric Villani, Marina Abramović ou encore Laurence Bertrand Dorléac, de participer à l’effort collectif en imaginant les questions qu’ORLAN pourrait poser à l’ ORLAN-oïde et que l’ORLAN-oïde pourrait poser à ORLAN.

Un ouvrage, « ORLAN-OÏDE ROBOT HYBRIDE », retraçant les coulisses de la construction du robot parait à cette occasion et fera l’objet d’une première signature au Centre Pompidou le 31 mai.  

ORLAN au grand palais

« No Baby No, où sont les écolos ? »

Au sein de ce dialogue collectif, ORLAN convoque aussi les poèmes qu’elle écrit et les fait réciter au robot de manière aléatoire. « J’écris des poèmes presque toutes les nuits depuis l’âge de 16 ans et souhaitais hybrider ma performance avec. Pour le moment, l’intelligence artificielle nous fait beaucoup de promesses, on nous la présente aussi souvent comme un épouvantail, mais ce qu’on voit la plupart du temps, ce sont des robots conversationnels capable d’exprimer des choses en fonction des mots-clés qu’ils ont appris, un peu comme des cadavres exquis. Et j’adore les cadavres exquis, je trouve ça très poétique ! », explique-t-elle.

Sur les écrans de l’installation et via des performances semi chantées, ORLAN et son double humanoïde parlent aussi des grandes causes pour lesquelles l’artiste milite. Parmi elles, « une pétition contre la mort » célébrant les vertus du transhumanisme et un texte de chanson intitulé « No Baby No », lutte radicale contre les dérives causées par la surpopulation, dont voici un petit avant-goût...

" NO BABY NO BABY NO

OÙ SONT LES ÉCOLOS ?

STOP STOP STOP

LA TERRE EST SURPEUPLÉE, SURPOLLUÉE

BABY NO, BABY NO NO

PLUS DE COUCHE-CULOTTE

ASSEZ ! C’EST ASSEZ "

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