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une femme aux yeux rougis dans le métro
© MJ - Jamie Delaney

Ce film d’horreur sur les réseaux sociaux devrait nous vacciner de Tinder pour un moment

Le 17 févr. 2020

Vous avez aimé American Psycho ? Vous devriez aimer le court-métrage MJ. Dans une vaine tentative d’être acceptée par ses pairs, une jeune femme y développe une addiction ultra-violente aux réseaux sociaux.

MJ est une jeune femme solitaire, dans sa vie perso comme au boulot. Lorsqu’elle est seule, elle se prend en photo et passe une grande partie de son temps à les retoucher, puis à les poster (sous son meilleur jour) sur les réseaux sociaux. Elle est constamment connectée, swipe beaucoup sur Tinder, ce qui ne l’empêche pas de lever la tête de temps à autres pour écouter les quelques moqueries et bruits de couloir qui la concernent. Bref, MJ n’est pas si différente de nous. Pourtant, son addiction au like va la faire basculer dans la folie.

De l’anesthésie à la frénésie meurtrière

Le réalisateur du film, Jamie Delaney tenait particulièrement à mettre en scène le dédoublement de sa personnalité. « Toute la trajectoire des médias sociaux me fascine. Je pense qu’ils peuvent être très destructeurs, tant d’un point de vue social que spirituel, nous explique ce dernier. Ils nous mettent sous pression, comme jamais nous ne l’avons été auparavant. Et cela est d’autant plus vrai si vous êtes d’une nature sensible à l'influence négative des médias sociaux. »

Avec son personnage MJ, « cousine londonienne » de Patrick Bateman, le meurtrier charismatique du roman adapté en film American Psycho, le réalisateur transpose la mécanique addictive des réseaux sociaux au registre de l’horreur. Lorsque MJ erre en quête de sa prochaine conquête victime Tinder, elle est surtout à la recherche de l’approbation des autres, sauf qu’aucune rencontre, aucun like ne la satisfont jamais vraiment. C’est d’ailleurs ce qui la conduit à répéter inlassablement le même schéma sanguinaire.

« Je voulais aussi inverser certains leviers classiques propres aux "slashers" (sous-catégorie du cinéma d’horreur qui met généralement en scène un tueur psychopathe, ndlr) en choisissant de mettre en avant un rôle féminin », poursuit Jamie Delaney dont les inspirations cinématographiques comptent aussi Taxi Driver de Martin Scorsese et Under The Skin de Jonathan Glazer.

Mais c’est véritablement avec American Psycho que l’analogie entre les deux personnages se fait le mieux. Comme MJ, la personnalité de Patrick Bateman se scinde en deux et son apparente apathie se mue soudain en une folie meurtrière. Il y a d’ailleurs cette célèbre phrase qu’il prononce et qui illustre parfaitement ce qu’elle semble ressentir vis-à-vis des réseaux sociaux : « Je suis au bord de la frénésie meurtrière, je sens que ma santé mentale est sur le point de craquer. »

Margaux Dussert - Le 17 févr. 2020
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