
De Tokyo à Paris, en passant par les États-Unis, une nouvelle génération d'expériences immersives transforme les spectateurs en acteurs.
Ça commence à devenir une habitude. À chaque sortie d'une série blockbuster, Netflix propose aux fans du monde entier de vivre des « expériences immersives », à la manière d'un petit parc d'attractions éphémère. En France, la dernière en date était dédiée à la série Stranger Things et se déroulait au Grand Rex durant le mois de novembre 2025.
Au programme : récréation de la ville de Hawkins et du Monde à l’Envers, effets spéciaux, ambiance des années 80 et visiteurs déguisés. Face au succès de ces expériences, Netflix a ouvert ses premières « Netflix Houses » à Philadelphie et Dallas, des temples dédiés où l'on peut déambuler dans l'univers de Squid Game ou revivre ses séries préférées. Ce qui n'était qu'une expérience devant durer le temps d'un week-end est en train de se transformer en modèle pérenne et sur ce créneau, le service de streaming n'est pas le seul à se lancer.
Les maisons de Netflix, TF1 et les autres...
En France, les chaînes ne sont pas en reste : TF1 et M6 multiplient les parcs Fort Boyard Adventure, les campings « Camping Paradis » (85 sites, un million de vacanciers en 2025), ou encore les menus Top Chef dans les cantines d'entreprise.
Le phénomène n'est pas qu'occidental. À Tokyo, l'Immersive Fort, créé par l'architecte du monde d'Harry Potter à Universal Studios Japan, pousse le concept encore plus loin, note Bloomberg. Sur 30 000 mètres carrés, le parc transforme chaque visiteur en protagoniste de son propre spectacle : des labyrinthes hantés par des clowns géants aux cabarets interactifs où l'on finit par danser le cancan sur scène. Antithèse de la culture japonaise ? Justement. « Les gens sont tellement stressés par le travail qu'ils ne peuvent pas vraiment être eux-mêmes », explique Koh Tamura, responsable marketing de Katana Inc. à Bloomberg. « Ce parc change non seulement leur environnement, mais aussi qui ils peuvent être. »
Attention aux fiascos
Cette mutation du divertissement répond à plusieurs logiques convergentes. D'abord, une stratégie économique : ces diversifications génèrent certes moins de 5 % du chiffre d'affaires de géants comme Banijay, mais « font vivre la marque en dehors de la diffusion », souligne Alexia Laroche-Joubert, présidente de Banijay France, dans le quotidien économique. Ensuite, une réponse au désintérêt croissant pour l'écran traditionnel, surtout chez les jeunes, qui se retrouvent de plus en plus dans les expériences live.
Le pari n'est pas sans risque. M6 en a pris la mesure avec les agences immobilières Stéphane Plaza, dont l'image s'est effondrée après la condamnation de l'animateur pour violences conjugales. Le groupe a dû créer en urgence « Sixième avenue, l'immobilier par M6 » pour permettre aux franchisés de se dissocier. L'expérience doit être aussi à la hauteur des attentes : un parc, inspiré de Charlie et la chocolaterie en Écosse, a viré au fiasco en 2024, nécessitant même l'intervention de la police face aux visiteurs mécontents.





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