3 lloks exubérants de Charles de Vilmorin

Charles de Vilmorin, le Yves Saint Laurent de la Gen Z, doit tout aux réseaux

Prodige de la couture française, Charles de Vilmorin est le fils du confinement et des réseaux sociaux. C'est par eux que tout a commencé, et encore par eux qu'il confirme sa vision de la couture.

Il règne un silence de maître dans la Cristal Room de Baccarat. Charles de Vilmorin, tout de noir vêtu, scrute ses silhouettes disposées sous les lustres de cristal avec attention et calme. Le jeune prodige de la mode couture française, et par ailleurs nouveau directeur artistique de Rochas, n'a pas voulu organiser un défilé pour présenter sa collection haute couture. Il a préféré au rituel de la fashion week une présentation presse dans un beau salon de la célèbre cristallerie, suivie dans la foulée par deux vidéos proposées à son public.

Le Yves Saint Laurent de la Gen Z

Le personnage de Charles de Vilmorin est difficile à cerner. Un air angélique mais grave, il s’habille aussi simplement que ses tenues sont hautement bariolées. Un moyen de rester une sorte de toile vierge pour mieux laisser érupter la créativité ? Avec son port de cou impeccable et ses airs aristo cool, à 25 ans, ce Gen Z est devenu la coqueluche de la Mode avec un grand M. On le compare à l’immense Yves Saint Laurent tant par sa jeunesse que par sa créativité. Autre signe distinctif, il fait de la Couture un contenu hautement désirable, non plus réservé aux salons fermés des grandes maisons mais ouvert à toute sa communauté en ligne – un aristo donc, mais pas snob pour un sou.

Promu par sa commu'

Si Charles de Vilmorin accueille la reconnaissance de ses pairs avec joie, c’est sur Instagram qu’il présente ses collections, comme cette année avec une vidéo de la réalisatrice Diane Guais. « J'adore faire des images. En règle générale, que ce soit en vidéo, en vêtements, en photo, c'est vraiment un moyen de se raconter et de partager des histoires, explique-t-il. Ça permet beaucoup de choses et c’est un outil très positif pour notre génération » . D’autant plus que de cette manière, il peut se permettre de bosser avec sa bande de copains, savant mélange de cool kids et de touche-à-tout. Tout s’invente, se bricole, se crée entre bons amis.

Le DIY et l’aventure, il connaît ! Charles de Vilmorin, la griffe, a été lancée en plein confinement 2020 via Instagram et a très vite imposé son style dans la sphère de la Fashion. Sa première collection composée de vestes et de blazers avait défrayé la chronique. Elle avait été acquise par un mystérieux collectionneur qui avait tout raflé. Une aubaine pour ce jeune homme, qui, avec ces bénéfices inattendus a pu lancer sa marque éponyme, exploration de volumes imposants et de couleurs chatoyantes, mélange de JC de Castelbajac et de Niki de Saint Phalle. Un an plus tard, il est nommé à la tête de la maison Rochas. Pour ce jeune diplômé de la Chambre syndicale de la couture et de l’Institut Français de la Mode, l'ascension est fulgurante.

Le carnaval de l'apocalypse

C’est la quatrième collection de ce jeune designer, dévoilée cette fois hors calendrier de la fashion week. « Ça m'a permis aussi de faire un peu de tout, un peu plus librement » , confie-t-il. Les couleurs explosent, les volumes débordent. Les collerettes font écho aux branchies des personnages de La Planète Sauvage. Les imprimés sont peints à la main puis vernis avec un effet ciré. Les capes rappellent aussi bien des apparats de soir de bal que de très chics scaphandriers. Une sorte de version chamarrée du film Dune. Ce n’est certes pas la première fois que le vêtement serait associé à une carapace, et pour cause, cette collection nous invite à « un bal où les visages se démultiplient à l’infini, sur la peau, sur les tissus, dans un tourbillon d’apparitions », dans un monde postapocalyptique où des aliens débarquent sur Terre pour colorer et repeupler notre planète carbonisée. Une apocalypse carnavalesque dont on ne sait plus si elle doit nous apprendre à rire de la fin des temps, ou à en pleurer.

Une créativité sans bornes

Complètement en phase avec son époque, Charles de Vilmorin hybride : le monde très fermé de la Couture avec celui, ouvert, des réseaux sociaux. Mais pour lui, tout se joue d'abord en ligne. Instagram est à la fois une source d’inspiration et l’occasion de partager des créations uniques, impossibles à reproduire. Le comble du chic ? Ses modèles Couture n’ont pas vocation à être vendus. Au mieux, on peut passer commande en passant par ses DM ! Des pièces uniques donc, visibles par la multitude... une collection tellement 2022, jusque dans sa manière de se vendre.

commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.