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Big Mouth, la série trash signée Netflix qui en dit long sur la puberté

Le 9 oct. 2018

Big Mouth, la série Netflix qui décrypte les affres de la puberté revient pour une deuxième saison. Masturbation, premières règles, homosexualité, pornographie, consentement… un ton trash qui attrape la sexualité par la racine et dédramatise les rapports hommes-femmes au moment où nous en avons le plus besoin.

« Big Mouth » a fait son apparition en septembre 2017 sur Netflix, sans faire de bruit. Pourtant, la série animée fait partie des shows les plus « savourés » de la plateforme en 2017. Surtout, elle aurait pu nous épargner bien des cours d’éducation sexuelle old school qui stérilisent tous les débats.

A l'opposé de l'enfilage de préservatif sur banane, la série empoigne les sujets épineux de la puberté sans passer par la case dentelle. Éjaculations nocturnes pour les uns, premières règles pour les autres, mutations du corps et découverte de ses propres désirs… elle parle aussi bien des souffrances que des plaisirs attribués à chaque sexe. Garantie sans filtres, la deuxième saison s’annonce croustillante. Elle aborde les enjeux tristement actuels comme le body-shaming et les diktats de la beauté véhiculés par les réseaux sociaux.

« Big Mouth », un « guide du zizi sexuel » en plus trash 

Basée sur l’adolescence de deux de ses créateurs – Nick Kroll et Andrew Goldberg – Big Mouth raconte la vie d’une classe de collégiens de 5ème en proie à l’éveil de leur corps sexué. Clairement, la série s’adresse davantage à un public adulte. Se focalisant sur différentes thématiques en fonction des épisodes, elle se construit au gré des apparitions de deux « monstres à hormones » : Connie pour les filles, et Maurice pour les garçons. Métaphores filées de la puberté et projections des fantasmes de nos jeunes pubères, l'un et l'autre tentent de les guider dans leur initiation tout en leur rendant la vie impossible.

L’épisode 1 de la saison 1 s’ouvre ainsi sur un cours d’éducation sexuelle au cours duquel Andrew, intello conscient de son physique banal, se retrouve émoustillé devant un schéma d’attributs génitaux féminins. Son monstre à hormones ne lui laisse pas le choix : il va devoir quitter la classe pour aller se masturber dans les toilettes. « Big Mouth » extrapole ces instincts naissants, évidemment, mais les accompagne d’un large éventail de sentiments confus et antagonistes comme la honte et le plaisir.

Intelligent et malicieux, « Big Mouth » pose le doigt là où nous avons échoué (et là où nous pouvons nous rattraper)

Suis-je normal ? Pourquoi n’ai-je pas encore de poils/seins ? Suis-je homosexuel-le ? Pourquoi les garçons sont-ils tant intéressés par la poitrine ? Dois-je me mettre à leur plaire pour exister ? Comment être attiré sexuellement par une fille tout en la respectant ? C’est quoi le consentement ? C’est la honte de regarder du porno ? etc etc.

La liste est longue mais tous les questionnements, même les plus inavouables, sont abordés. Et autant dire que nous en avons besoin, en particulier à une époque où les tabous autour du viol et du harcèlement sexuel volent en éclats.

Les personnages, eux aussi, dévoilent différentes facettes de ces questionnements existentiels. Il y a Matt, seul garçon homosexuel du collège qui est aussi celui qui s’assume le mieux, Jessie, fille unique dont la mère féministe peine à l'élever dans un monde biberonné à la testostérone, Nick, pré-adolescent perturbé par son retard de croissance, Andrew, effrayé à l'idée d'aimer les garçons ou encore Missy, jeune nerd passionnée de sciences et moquée par ses camarades pour son physique de petite fille…

« Big Mouth » s’apparente moins à une série éducative qu’à une fiction portant un regard fin et lucide sur notre époque. Elle comprend une visée pédagogique certes, mais s’attache surtout à dédramatiser les rapports hommes-femmes et les incompréhensions qui s’y attachent. En deux saisons, on constate que, même si on n'a plus l'âge des premiers émois, l’on en sait encore très peu sur le sexe opposé et sur sa façon d’appréhender le monde dès l’adolescence. Le trash et l’humour nous aident à prendre de la hauteur et à désamorcer les frictions qui ont tendance à perdurer avec le temps.

Si vous n’avez pas vu la série, faites le test : regardez-la avec une personne du sexe opposé.

Vous serez étonné... Vous verrez que vous avez encore beaucoup de choses à vous dire !

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