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Gardens by the bay à Singapour

Les smart cities sont-elles vraiment intelligentes ?

Le 27 nov. 2017

Si certaines ont fait leurs preuves, force est de constater que la smart city est loin d’être démocratisée. Entre manques à combler et décalage de génération, ce n’est pas gagné…

Quand on pense à la ville du futur, on l’imagine intelligente et pratique. L’application EasyPark, qui permet de trouver facilement une place de parking en ville, établit selon plusieurs critères les meilleures smart cities de l’année.

Le Top 10

Au total, ce sont 100 villes qui sont notées sur 10 par EasyPark.

  1. Copenhague – 8,24/10
  2. Singapour – 7,83/10
  3. Stockholm – 7,82/10
  4. Zurich – 7,75/10
  5. Boston – 7,70/10
  6. Tokyo – 7,59/10
  7. San Francisco – 7,55/10
  8. Amsterdam – 7,54/10
  9. Génève – 7,53/10
  10. Melbourne – 7,51/10

 

En France, Paris arrive à la 20ème position, Lyon à la 59ème et Marseille à la 74ème.

Pour établir le classement, EasyPark a étudié 500 villes à travers le monde (en fonction des pays avec un fort développement, mais aussi de la liste des villes présentes sur la liste de la commission digitale européenne).

Mais c’est quoi au juste, une smart city ?

Pour son étude, EasyPark a identifié plusieurs critères nécessaires :

  • Transport et mobilité : parkings intelligents, services de covoiturage, informations sur le trafic et les transports en commun doivent être mis au service de la communauté. De fait, la communauté doit utiliser et agréger les données des diverses applications pour pouvoir informer les habitants-antes en temps réel.
  • Développement durable : la ville de demain doit être respectueuse de l’environnement et produire (et utiliser) de l’énergie en conséquence. Le traitement des ordures et l’équipement des bâtiments en source d’énergie propre font aussi partie des critères à remplir.
  • Gouvernement : les services gouvernementaux doivent être facilement accessibles grâce au numérique, et la participation citoyenne élevée. En parallèle, l’architecture urbaine et l’éducation des plus jeunes font partie des priorités des autorités.
  • Economie de l’innovation : les entreprises doivent pouvoir bénéficier d’un soutien de la ville pour développer des initiatives innovantes et utiles.
  • Connectivité : au cœur du sujet, la connectivité est le fer de lance des smart cities. 4G, bornes Wi-Fi, bonne vitesse internet mais aussi taux de pénétration des smartphones auprès des habitants-antes sont des critères analysés pour l’étude.

 

Enfin, le niveau de vie doit être agréable (dépenses, salaires et PIB). Par ailleurs, 20 000 journalistes experts en technologie et urbanisme ont participé au classement.

La smart city serait-elle excluante ?

Des critères qui, s’ils sont remplis, laissent entrevoir de belles promesses… Mais laissent de côté toute une partie de la population.

Si smart = tech, alors la ville intelligente pourrait permettre de briser certaines barrières – notamment celle de la langue -, tout en risquant d’en ériger de nouvelles. Le philosophe allemand Hartmut Rosa, auteur de l’ouvrage Accélération. Une critique sociale du temps, expliquait ainsi que les innovations sont parfois trop rapides, au point que les consommateurs n’ont pas le temps de s’y habituer. « Les seniors n’ont plus l’impression d’appartenir au monde dans lequel ils vivent ». Tout change, et le risque est de se retrouver face à tout un pan de la population qui se sent exclu de son monde – ou de sa ville. « C’est aussi valable pour certaines régions ou classes sociales, parfois précaires, et cette désynchronisation peut expliquer la montée des extrêmismes politiques ou religieux ».

Autre constat : la technologie n’est pas infaillible… Et entre les hacks (coucou Uber) et les faux-pas, une ville dont le bon développement ne reposerait que sur la collecte des données risquerait de se heurter à quelques dérives.

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