Under the skin

Des femmes nues à l'opéra pour remettre Don Juan à sa place

Le 24 sept. 2018

Pour son adaptation de Don Juan de Mozart, l’opéra australien Queensland recherche 200 femmes prêtes à poser nues sur scène. L’enjeu ? Faire tomber le séducteur éponyme de son piédestal, placer ses conquêtes sur le devant de la scène et actualiser l’œuvre au nom de l’égalité homme-femme.

À l’opéra Queesland de Brisbane, la directrice artistique Lindy Hume veut instiller un peu de #MeToo dans l’œuvre de Mozart. Grande amoureuse de« Don Juan » ou « Don Giovanni », elle cherche aussi à lui faire un pied de nez en proposant une fin alternative à son adaptation. Lors de sa scène finale, 200 femmes apparaîtront nues sur scène, telles des fantômes dont la soif de vengeance égale les pulsions séductrices de son anti-héros…

Don Juan, hanté par ses anciennes conquêtes

Opéra en II actes, Don Juan raconte l’histoire d’un coureur de jupons invétéré et de ses conquêtes féminines à travers l’Europe. Traditionnellement, ce dernier finit par payer pour ses mauvaises actions en brûlant en enfer… pour l’éternité. Le châtiment était déjà sévère, mais Lindy Hume veut aller plus loin.

« C'est un mauvais bougre, et à l’époque de #MeToo, on ne peut plus regarder une œuvre comme Don Juan sans ce prisme », explique-t-elle à ABC News. « En tant que réalisatrice, féministe et amoureuse de Don Juan et de son histoire, je voulais lui attribuer un contexte où les femmes jouiraient d'une égalité de traitement (...). D'habitude, il est juste entraîné aux enfers. J’ai pensé qu’il serait vraiment intéressant que le dernier mot vienne de toutes les femmes qu'il avait séduites ».

Une idée inspirée des nus du photographe Spencer Tunick

 
 
 
 
 
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Opening today at the @bodobiennale, Norway: Spencer Tunick's BODØ BODYSCAPE installation, with Little Sun Diamonds. @littlesunenergy 'I have always been interested in solar. When I thought of making a work with people holding individual solar lights a few years ago, I researched traditional lights as well as solar lights. I felt that it takes individuals coming together with new ideas and ways of living to make mass change. Change in the environment will only come if the individual feels the effect of alternative light and energy sources up close and personal. Connecting the body and the flesh to this light force to really meld the human to the message in an elemental way. In the early stages of my research, I came across the Little Sun Original, but I felt that the yellow colour en masse would overpower the photograph. When the Little Sun Diamond was announced, I was elated. This could be the light for my work. I felt that the contemporary crystal design would work wonderfully. I contacted Olafur Eliasson @studioolafureliasson, the designer of the solar light, to ask permission to use it, and his studio gave me the green light. I was lucky that the people at Little Sun were so helpful in securing the many lights needed for my idea.' – Spencer Tunick (@spencertunick) The installation with Little Sun Diamonds is located on Ramnfloget mountain, overlooking the town of Bodø, Norway. The Biennale is officially open in the centre of Bodø from today until Sunday, 21 October

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S’étant ouvertement inspirée d’autres artistes, la directrice artistique cite notamment Spencer Tunick. Le photographe est connu pour ses compositions où figurent des centaines de participants dans le plus simple appareil. Il avait notamment rassemblé 5 200 personnes devant l’opéra de Sydney en 2010.

 
 
 
 
 
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Thank you Sydney Opera House for understanding that the nude body in photography represented beauty and freedom in Australia not crime and violence. @provocareonchapelst @sydneyoperahouse

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Lors des représentations, les femmes sélectionnées seront libres d’ôter ce qu’elles souhaitent. Elles apparaîtront ensemble à l’issue de chacune d’entre elles. « Il y aura quatre représentations mais deux répétitions avant cela », ajoute Lindy Hume.

À la suite d’un nombre important de réponses, l’appel à candidature est déjà clos. Les femmes qui se seraient inscrites en retard sont désormais sur liste d’attente !

(Photo : Spencer Tunick – Stadsschouwburg theatre, 2014)

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