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Un gros plan sur un billet en dollars avec la pyramide et la devise in god we trust
© Photo by maria pagan on Unsplash

235 millions de dollars de pub : les fake news vont bien, merci pour elles

Le 3 sept. 2019

Les sites de désinformation sont un marché très lucratif pour la publicité et les marques ne peuvent rien y faire.

Non contentes de diviser nos sociétés et d’influencer nos élections, les fakes news rapportent énormément d’argent. Selon une étude de l’ONG Global Disinformation Index, réalisée pour la chaîne CNN, les sites de désinformation gagneraient près de 235 millions de dollars par an en recettes publicitaires. Ce chiffre, obtenu en scrutant plus de 20 000 sites, ne représenterait que la pointe émergée de l’iceberg.

Les marques, complices involontaires du système

Cet argent provient principalement des dispositifs de publicités programmatiques qui achètent et diffusent des pages de pub sur des sites web en temps réel. Le système permet d’afficher des messages plus pertinents en fonction des visiteurs et engendre à lui seul près des deux tiers des revenus du secteur. La contrepartie d’un tel fonctionnement est que les marques ne savent pas vraiment où sont diffusées leurs pubs.

Pour Danny Rogers, CTO de l’ONG, la responsabilité ne revient pas vraiment aux marques, mais aux plateformes publicitaires qui vendent leurs services de diffusion. Selon lui, il suffirait que ces plateformes soient plus transparentes dans la liste de sites qu’elles alimentent pour régler le problème. « Je pense qu’il faut donner aux marques la possibilité de choisir, a-t-il indiqué dans une interview donnée sur CNN. Si elles le pouvaient, elles choisiraient de ne pas alimenter ce genre de contenus. »

Les sleepings giants, nécessaires mais peu efficaces

Depuis 2016, un collectif connu sous le nom de « sleeping giants » alerte les marques sur Twitter quand ces dernières sont associées à des contenus mensongers ou haineux. En France, une initiative semblable avait été menée sur Boulevard Voltaire, le média fondé par Robert Ménard.

Cependant, l’activiste et spécialiste des réseaux sociaux Ben Decker estime que cette stratégie est limitée. « Utiliser Twitter comme une plateforme assurant la sécurité des marques n’est pas une bonne stratégie sur le long terme, indique-t-il dans une note de blog. Elle ne permet pas de toucher beaucoup de monde ni de réguler ces plateformes qui disséminent et monétisent de la désinformation ou des discours de haine. Nous devons surveiller l’ensemble du paysage numérique sur l’ensemble des plateformes web, et pas seulement les suspects habituels comme Google Facebook et Twitter. »

En 2017 le travail des sleeping giants sur des vidéos à contenus haineux ou pédophiles a coûté à YouTube la bagatelle de 750 millions de dollars.

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