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Love me Tinder

Le 29 avr. 2015

L'amour est-il un produit de consommation comme les autres ? Les journalistes France Ortelli et Thomas Bornot ont testé l'appli Tinder pendant 3 mois pour France 4. Leur ressenti est mitigé...

La question à l’origine du documentaire est simple. Est-ce que ce type d’applications va changer la façon qu’ont les gens de se rencontrer et de s’aimer ?

France, la candide, et Thomas, le romantique, sont donc partis à la recherche de l’amour. Du vrai. Pas du coup d’un soir. Illusoire ? Un peu, si l’on en croit leurs premiers retours.

« Dans le fond, tout le monde veut rencontrer quelqu’un. Dans la forme, c’est différent. », confie France. Elle se rend vite compte que l’application ne permet pas réellement de rencontrer les gens. Une fois qu’une rencontre est convenue, il n’y a plus de challenge : centres d’intérêts partagés, minimum d’attirance physique… C’est presque gagné d’avance. La plupart des rencontres ressemble à des entretiens d’embauche où l’autre essaye de se vendre au mieux. La seule pression, c’est qu’il sait qu’il existe des milliers d’autres matches potentiels dans votre téléphone portable : il doit vous convaincre que ce soir, c’est avec lui que vous devez rentrer. S’intéresser à vous ? Il n’en a pas vraiment le temps. Les relations éphémères, la consommation frénétique, et l’immédiateté ne demandent pas ce genre d’efforts.

Pour Thomas, sceptique au départ, l’aventure s’est révélée riche en rencontres. Plein de filles supers, des rencontres ultra-rapides,… Le temps est compté : il faut se vendre rapidement. Il y a des chances que la personne en face de vous soit sur plusieurs coups : il faut sortir du lot et être un peu compétitif.

Les codes semblent admis, instaurés. On couche et on apprend éventuellement à se connaître après.

Et même en étant à la recherche du prince charmant ou de la femme idéale, on peut vite se faire entraîner par le tourbillon des rencontres infinies. Car si la perfection n’est pas de ce monde, on l’espère plus volontiers quand on a à disposition un nombre de candidats quasi-illimité. Et le moindre défaut, le moindre faux pas de la part de l’autre devient une raison suffisante pour passer à autre chose. Des détails qui viendraient à être appréciés si l’on creusait la relation, mais qui se révèlent compliqués à accepter quand on se dit que l’âme sœur se cache peut-être parmi les milliers de membres.

Un constat mitigé, pour une expérience humaine riche et intense.

L’application permet de rencontrer des gens intéressants, c’est indéniable. Des gens que l’on n’aurait pas forcément l’occasion d’approcher « dans la vraie vie », à cause d’emplois du temps chargés, de cercles d’amis déjà formés,… Tinder répond à une vraie attente des utilisateurs.

Mais France et Thomas comparent volontiers l’application aux services de restauration en ligne. Il y a un besoin, une certaine flemme, et des produits à disposition. Un côté pratico-régressif qui peut devenir lassant. La technique du moindre effort a probablement ses limites, et il est à parier que cette façon de considérer l’amour comme un bien de consommation aussi. Les Hommes ne sont pas des produits.  

A mi-chemin entre documentaire et comédie romantique, cette expérience inédite de gonzo journalisme mixe rencontres réelles, interviews et états d’âme. Première partie diffusée ce soir sur France 4, à 23h15. 

 


Bande annonce France 4 du 17/11/2014

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