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L’Equipe fait peau neuve en format tabloid

Le 28 sept. 2015

Interview de Cyril Linette, Directeur Général de L’Equipe, qui décrypte pour nous les enjeux et objectifs de la réinvention de cette marque-média patrimoniale.

Quels ont été les changements opérés avec ce renouveau de L’Equipe ? Quels étaient les enjeux ?

Cyril Linette : Le format a été changé pour la première fois depuis 70 ans. La marque est très patrimoniale, très affective, ce qui a pu poser certaines questions avant de repenser la maquette. Le nouveau format tabloïd est plus classique, plus conforme. L’enjeu principal était de garder en singularité, alors que l’on perdait l’un de nos principaux éléments distinctifs : le format.

 

Quel est le ressenti des lecteurs ?

C. L. : Nous n’avons pas encore de chiffres, il faut les consolider mais les tendances sont bonnes. Ce qui est sûr, c’est que l’accueil est très positif. Avant de prendre cette décision, nous avions bien écouté nos lecteurs et proposé une première sortie du journal le 10 juin dernier, en one shot, afin de tester la réaction du marché. Les retours ont été très enthousiastes : 10 000 personnes se sont spontanément prononcées sur le nouveau format, et 75% des lecteurs se sont dits favorables. En une semaine, les retours de vente et qualitatifs nous confortent dans cette décision. L’innovation est visible et pertinente : elle relance l’usage de L’Equipe et permet aux lecteurs de mieux profiter des articles. Le format était devenu inapte : nous étions trop grands en papier, et trop petits sur les smartphones. Nous avons organisé un déjeuner avec un panel de lecteurs, et nous avons senti que pour la plupart d’entre eux la question du format était un non-sujet. Nous restons L’Equipe, un journal de sports, avec des photos et des comptes-rendus. Ils ont trouvé le format plus pratique : l’info est mieux rangée et plus contextualisée. Finalement, ils se font très vite au nouveau format qui modernise le journal.

 

Et des journalistes ?

C. L. : Ils ont été assez partants. En m’entretenant avec les équipes, j’ai pu me rendre compte qu’elles avaient déjà traité le sujet, qu’elles étaient prêtes et qu’elles en avaient envie. La mise en place a été très rapide. Les habitudes vont devoir changer : avec le précédent format, les journalistes pouvaient modifier leurs papiers jusqu’au dernier moment. Maintenant, c’est plus normé, plus cadré, mais cela se passe sans difficulté. Les infos ne vont plus être hypertrophiées, il n’y aura plus de sports « mineurs » : tout sera visible, les histoires seront bien racontées et « à la bonne taille ».

 

Pouvez-vous nous parler de la campagne de lancement, qui dévoilait les pages du quotidien dans les abribus ?

C. L. : DDB Paris nous a proposé cette opération. C’était très sympa, avec un second degré et une humilité qui nous ressemblent. Le parti-pris est modeste tout en faisant preuve d’humour : c’est facile d’être le plus grand quotidien quand on est le seul. Mais cela montre aussi que ce n’est pas parce qu’on est référent que l’on ne doit pas être challenger dans ses décisions et sa communication. On ne peut pas rester immobiles quand le monde bouge !

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