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Une manifestation contre les fake news

Et si la lutte contre les fake news nuisait à la liberté d’expression ?

L'ADN
Le 10 avr. 2018

Alors que l’Assemblée Nationale a émis une proposition de loi visant à lutter contre les fausses informations, le Syndicat de la Presse Indépendante d’Information en Ligne s’inquiète…

Lutter contre les fake news : la cause est noble, les moyens employés peut-être un peu moins…  L’Assemblée Nationale a partagé un projet de loi qui est loin de faire l’unanimité ! Le Spiil (Syndicat de la Presse Indépendante d’Information en Ligne) dénonce le texte, qui pourrait nuire à la liberté d’expression.

Le projet de loi prévoit en effet la possibilité de suspendre dans les 48h, en période électorale, la diffusion de fausses informations « de nature à altérer la sincérité du scrutin » qui auraient été partagées de manière « massive et artificielle », durant les périodes électorales. L’objectif : ne pas influencer avec des informations erronées les lecteurs et lectrices au moment du scrutin.

Le site « responsable » pourra ainsi être déréférencé, le contenu retiré, et les comptes des internautes qui auront partagé l’info suspendus.

« Détournée de l’esprit de la loi, cette procédure pourrait constituer le moyen de faire supprimer des informations publiées par la presse », explique le Spiil dans un communiqué.

Concrètement, la procédure interviendrait en-dehors de la loi de 1881 qui garantit l’équilibre entre liberté d’expression et protection des individus et des institutions.

Le syndicat demande que les sites de presse en ligne soient exclus de ce dispositif, puisqu’ils « ne relèvent que du cadre juridique de la loi de 1881 (…) qui (…) prévoit les délits en cas d’infraction ».

Le SNJ (Syndicat National des Journalistes) s’est également inquiété de ce projet, jugé « liberticide ». Pour les équipes, le texte joue volontairement sur la confusion entre plateformes et médias en ligne. « Ce texte, qui dit vouloir protéger contre les risques de manipulation de l’information en période électorale, peut aussi devenir un moyen d’entraver le travail des journalistes (…). Au total, au motif de l’apparition de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux, c’est toute la chaîne de l’information qui est mise en danger ».

Le sujet mérite d’être étudié de près – ce n’est pas Mark Zuckerberg, reçu devant le Congrès le 10 avril, qui dira le contraire. Mais attention à ne pas utiliser la paranoïa générale pour se montrer trop intrusif, et contrarier les règles de base de l’information.

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