Des esclaves modernes dénoncent leur quotidien sur TikTok

Elles travaillent comme domestiques pour de riches familles du Golfe, dans des conditions désastreuses. Entre rires et larmes, à coup de lip sync et de chorés sur des tubes hip-hop, elles nous racontent leur vie sur TikTok.

La « kafala » ou l'esclavage moderne

Près de quatre millions de personnes seraient aujourd'hui employées comme domestiques dans les pays du Golfe. Comme le rappelle Le Courrier international, ces travailleurs peu qualifiées sont embauchées via la « kafala », une forme juridique qui, pour les ONG, s'apparente à une forme d'esclavage moderne. En effet, les contrats empêchent les travailleurs de quitter le pays ou de démissionner sans l'accord de leur employeur... Souvent, passeports et téléphones sont confisqués.

« De la liberté ? Je n’en ai pas. Un seul jour de congé ? Je n’en ai pas. »

Domestiques en Arabie Saoudite, Nieza Tunacao (@niezatunacao, 1,2 million d'abonnés) et Brenda Dama (@iamdee_2540, 32,3 k abonnés) lâchent du lest en vidéo. Elles se trémoussent en tenue de travail sur la chanson Leave the door open (Bruno Mars et Anderson Paak), et reproduisent le moment où « le fils du boss flirte avec vous et où vous devez jouer les naïves pour éviter les ennuis » quand elles étendent le linge. Les codes employés ressemblent à s'y méprendre à ceux utilisés par les influenceuses, mais le contexte est loin de celui que l'on retrouve traditionnellement chez les ados de la plateforme.

Claquemurées dans leur petite chambre, entre deux corvées, elles dénoncent un quotidien fait de discrimination raciale et de mauvais traitements.

Vidéo par Le Courrier International

Pourquoi c'est frappant ?

Alors que le réseau a été conçu à destination des ados pour partager des contenus légers, TikTok s'impose dorénavant (aussi) comme plateforme de dénonciation politique. On avait par exemple assisté il y a quelque temps à la mobilisation des fans de K-pop pour soutenir le mouvement Black Lives Matter.

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