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Dark RP : le commerce de vente de faux followers a-t-il du souci à se faire ?

Le 29 janv. 2018

Vous êtes tenté·e d’acheter des faux fans pour booster vos comptes sur les réseaux ? Méfiance, une enquête vient d’être ouverte sur une entreprise qui les commercialise.

« Être populaire sur les réseaux sociaux, c’est comme être riche au Monopoly ». Si vous fréquentez Facebook, Instagram ou Twitter, vous avez probablement vu passer cet aphorisme sur votre flux d'actualités. 

Fans, followers, likes, retweets autant de marqueurs qui « prouvent » le succès - ou la vanité - d’une personnalité ou d’une marque, au point que certains sont prêts à payer pour gonfler leurs chiffres. Une sorte de déclinaise de l'ancestral « qui a la plus grosse », mais remastérisée à la sauce Web, en somme. Des douzaines d’entreprises ont réussi à tirer partie de ce désir et proposent des services de vente de followers. 

C’est le cas de l’entreprise Devumi. 

Pack d’influence

Cette boîte de vente de followers a fait fortune en proposant des « packs » d’influence pour une bouchée de pain. Mais celle qui fait son beurre en proposant d’acheter de l’influence en ligne a été inquiétée pour des faits présumés d'usurpation d’identité par une enquête du New York Times publiée le 27 janvier, « Le Fabrique des Followers ». Devumi aurait vendu 200 millions d’abonnements grâce à une base de 3,5 millions de faux comptes Twitter dont une partie volée à de « vrais » internautes.

Une pratique qui donne la foi

Le business de l'achat de fans n’a rien de nouveau. Même Ophélie Winter avait avoué l'avoir fait, à l’occasion de sa participation à l’émission de TF1, « Danse avec les Stars ».

Mais ce n’est pas la pratique de celle à qui « Dieu a donné la foi » qui a posé problème au procureur de New York, mais les 55 000 faux comptes qui relèvent du vol d’identité, dont certains de personnes mineures. Les noms, photos et informations de ces personnes ont été « aspirés » avant d’être utilisés à nouveau, avec quelques variations, pour créer de nouveaux comptes via des bots. Grâce à cette pratique Devumi propose, par exemple, d’acheter 250 000 followers « 100% actifs » pour 1 800 dollars (un peu plus de 1 450 euros) ou 500 retweets pour 19 dollars (environ 15 €). Une bouchée de pain. 

Médaillé d'or et Peaky Blinders

Intrigué et agacé par la lecture de l’article, le procureur de New York, Eric Schneiderman n’a pas tardé à réagir. « L’usurpation d’identité et la tromperie sont illégales selon la loi de l'Etat. Nous ouvrons une enquête sur Devumi et sa vente apparente de robots utilisant des identités volées » a déclaré le procureur sur Twitter. Twitter, de son côté a réagi en affirmant que « les tactiques utilisées par Devumi » violait les règles du réseau social et étaient inacceptables. Le réseau avait été taxé de laxisme par le passé à l'égard de faux comptes. 

L’enquête révèle que 200 000 clients ont acheté leurs abonnés comme Michael Dell, PDG fondateur de l'entreprise informatique Dell, le médaillé d’or britannique d’aviron James Cracknell, le conseiller du président équatorien, Lenín Moreno, l'acteur Matthew Postlethwaite (Peaky Blinders) ou même le DJ français Snake. 

Les «dark RP», une pratique à risque

Au jeu du « dark social média », tout le monde est tenté : les stars, les marques, et même, les agences de publicité. Pourtant, acheter des followers n’est pas sans conséquences. Certes le « compteur à vanité » fait monter la côte de popularité d’une marque ou d’une personnalité, mais, au fur et à mesure que le nombre de fans augmente, l’engagement dégringole. Par ailleurs, les marques, en ciblant des influenceurs aux audiences gonflées par l’achat de fans, manquent leur cible. À bon entendeur. 
Commentaires
  • L'éternel fil rouge. Tout le monde en parle depuis des années. Mais les agences ciblent les gros comptes (même gonflés artificiellement) car ça fait des gros chiffres à montrer au client... Tristesse.

  • L'éternel fil rouge. Tout le monde en parle depuis des années. Mais les agences ciblent les gros comptes (même gonflés artificiellement) car ça fait des gros chiffres à montrer au client... Tristesse.

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