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Si vos GIFs sont gratuits, savez-vous qui est le produit ?

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Giphy et Tenor, les deux plateformes de GIFs, appartiennent l'une à Facebook et l'autre à Google. Et si les petites images animées vous sont généreusement offertes... c'est que la valeur est ailleurs.

Vous les utilisez à longueur de SMS, dans vos échanges Slack ou pour égayer vos posts sur les réseaux. Depuis plus de 10 ans, le GIF est LE format roi pour exprimer rapidement et de manière amusante une idée sur le web. Pourtant ces petites images animées sont au centre d'une guerre économique qui vient tout juste de commencer.

Qui se cache derrière vos GIFs ?

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Parmi les différents fournisseurs de GIFs qui existent sur le web, seuls deux ont un réel impact économique. Il s’agit de Giphy et de Tenor, deux services qui sont directement intégrés aux interfaces de Twitter, Slack, Instagram, WhatsApp, Facebook ou Messenger. Et bien évidemment, ces deux plateformes ont été rachetées ces dernières années. Google a dépensé 100 millions de dollars en 2018 pour acquérir Tenor tandis que Facebook s'est porté acquéreur de Giphy pour 400 millions de dollars en 2020. Le plus beau dans tout ça, c'est que la grande majorité des internautes n’ont pas conscience que les deux géants du web se cachent derrière les GIFs qu’ils utilisent.

Quand on regarde les chiffres, pas besoin d'être un VC de la Silicon pour comprendre tout de suite pourquoi Facebook et Google ont jeté leur dévolu sur ces deux plateformes. Tenor a revendiqué 12 milliards de recherches mensuelles en 2018 tandis que du côté de Giphy, le chiffre circule autour de 700 millions d’utilisateurs par jour. Autant dire qu’il s’agit d’un gigantesque marché pour les deux firmes. Marché certes, mais de quel marché parle-t-on ? En 2017 un article de Vox expliquait que les deux fournisseurs de GIFs n’étaient absolument pas rentables. Qu’est-ce qui a changé depuis ?

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Les nouveaux mouchards

Pour Kevin Choleau, fondateur de heypster, une startup française qui vient de lancer la première plateforme de GIFs européenne, les données des recherches de GIFs sont intégrées pour du ciblage publicitaire. Ce dernier évoque aussi l'ajout d’un traqueur au sein des images permettant d’identifier ceux qui envoient des GIFs et ceux qui en reçoivent. D’après l’article d’Owen Williams, UX manager chez Shopify et auteur sur One Zero, les GIFs de Giphy embarquent un code en javascript permettant de savoir où ils sont postés, mais aussi de suivre la navigation de l’utilisateur sur les autres applications et sites web.

Partenariat avec des marques

C’est justement pour s'élever contre ce tracking intrusif que Kevin Choleau propose une alternative européenne avec heypster. Sa plateforme qui vient d’être lancée compte déjà plus de 10 000 images animées. Elle n’est cependant compatible qu’avec l'environnement Apple et les applications iMessage et Signal. Sans données de recherche ou de navigation, comment l'entreprise espère-t-elle faire des bénéfices ? Son fondateur explique qu’il se base sur le premier business plan de Giphy, à savoir des partenariats avec les marques. La plateforme possède plus de 200 contrats permettant à des studios de cinéma, des chaînes de télévision ou même des fédérations sportives d’uploader des centaines de GIFs qui seront ensuite utilisés dans les conversations.

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Pour finir de convaincre les utilisateurs, Kevin Choleau précise que ses GIFs sont aussi de meilleure qualité et filtrés pour éviter des extraits violents, gores ou pouvant être utilisés de manière offensante. Reste à voir si ses arguments seront suffisants pour convaincre les internautes de ne plus laisser leurs données traîner chez Google et Facebook.

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