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Crédit Getty Images

Rapport Reuters : après l'abonnement, le membership pourrait devenir une vraie source de financement des médias

Le 18 juin 2018

Le membership, c'est une contribution volontaire à un média que l'on apprécie. Soit à l'article, soit au projet ou à l'année. Cela pourrait devenir une nouvelle forme de financement selon le rapport annuel publié par l’Institut Reuters sur l’état du journalisme web en 2018. Notamment pour les jeunes qui y voient un moyen de soutenir l’info de qualité sans payer d’abonnement. Pour les médias, cette formule permet de proposer une info de qualité accessible à tous et pas juste à ceux qui ont les moyens de payer. Une façon de préserver leur rôle dans une époque tourmentée.

Alors que de nombreux médias rencontrent un succès certain pour convaincre les internautes de s’abonner en ligne, notamment via le système de paywall, le don volontaire de la part des internautes pour financer les médias pourrait présenter une vraie alternative, selon le dernier rapport du Reuters Institue (Digital News Report 2018)

S’il existe une réelle opportunité à saisir, la tendance au don reste, pour le moment, rare. Elle représente 1% des lecteurs en Allemagne, au Royaume-Uni ou en Finlande, 2% en Irlande, en Norvège et en Espagne, et 3% aux Etats-Unis et en Suède. Cependant, 22% des interrogés en moyenne se sentent prêts à faire un don s’ils considèrent que le média ne peut se financer autrement. Le maximum revient aux Etats-Unis et à la Suède avec 26% et jusqu’à 28% en Espagne.

Les jeunes plus généreux

Le rapport Reuters indique que les millennials, confiant dans le paiement en ligne et donnant régulièrement à des oeuvres de charité, sont les plus enclins à se dire prêts à faire un don à un média : 19% chez les 24-34, 16% chez les 18-24 et 17% chez les 35-44. Cette catégorie de la population revendique le droit de ne pas s’engager exclusivement avec un média et de bénéficier du choix de différentes sources, tout en soutenant de l’info de qualité.

Le cas particulier des États-Unis

Aux États-Unis, des raisons politiques amplifient ce mouvement. En réaction à l’élection de Donald Trump, certains des interrogés ont déclaré « se sentir attaqué par l’administration » et veulent soutenir le premier amendement (liberté de la presse). Par ailleurs, le pays bénéficie d’une longue tradition philanthropique. Nombreux sont les médias à s’appuyer sur la générosité du public. La radio NPR compte sur des campagnes de financement depuis des décennies, ce qui génère la plupart de ses revenus. Le Texas Tribune et le Mississippi Today demandent également une contribution à leurs lecteurs. Lancé en 2009, le Texas Tribune génère 6,5 millions de dollars de revenus annuels et emploie 60 personnes.

Contre une info à deux vitesses

« La montée du journalisme payant a soulevé des préoccupations sur un système à deux vitesses, où l’information de qualité est réservée à ceux qui peuvent se la payer. C’est la raison pour laquelle certaines organisations préfèrent garder un accès gratuit, mais demander une contribution libre», explique Nic Newman du Reuters Institut. C’est le choix qu’a fait le Guardian au Royaume-Uni, qui fonde le futur de son modèle économique sur la contribution de donateurs. D’autres magazines et blogs ont suivi comme Aeon, Medium ou l’Elephant Journal.

Côté lecteur, c’est un moyen de s’identifier à une cause ou certaines valeurs, comme combattre les fake news ou se ranger derrière un journalisme de qualité. Ce courant, même s’il reste petit, crée des liens profonds entre la communauté et le média.

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