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Rand Hindi RGPD

Le RGPD nous protège des entreprises, c'est bien. Mais il ne nous protège pas des gouvernements !

Le 24 mai 2018

On a demandé à Rand Hindi, Monsieur intelligence artificielle français, de nous donner son avis sur l'application du RGPD. Il est très content. Tellement qu'il a invité 600 personnes à faire la fête avec lui. Interview.

Qualifié « d’homme qui veut faire disparaître les technologies » par Le Monde, de « startuppeur de l'extrême » par Sciences et Avenir, où de celui « qui voulait parler aux objets » par IT, Rand Hindi est le « Monsieur Intelligence Artificielle » de l'Hexagone. À la veille de l'application du Règlement Général sur la Protection des Données, le patron de Snips organise une fête pour fêter ça. Il a accepté de nous expliquer pourquoi.

L'ADN : Vous donnez une soirée demain à l’occasion de la mise en application du RGPD. Qu'y a-t-il à célébrer ?
Rand Hindi : Depuis des années, il existe une bataille de culture éthique entre l'Europe et les États-Unis sur la question de la vie privée. Là où nous, Européens, cherchons à la protéger, les Américains ont tendance à ne pas s'en soucier. Étant donné que les GAFA contrôlent Internet, nous nous retrouvions forcés, jusqu'à présent, de compromettre notre vie privée. Le RGPD change complètement la donne. Il oblige toutes les entreprises - GAFA compris - qui souhaitent proposer leurs produits à des Européens, à suivre les règles qui protègent notre vie privée. C'est un grand pas pour notre société !

L'ADN : Qu’est-ce que le RGPD va vraiment changer dans la vie des citoyens ?
Rand Hindi : En surface, pas grand chose, car le RGPD ne change pas les services que nous pouvons utiliser. En revanche, il met en place des garde-fous qui nous protègent en cas d'abus. L'idée n'est pas d'interdire l'usage de la donnée, mais vraiment de redonner le contrôle aux utilisateurs.

L'ADN : Dans votre tribune publiée dans TechCrunch, vous parlez de portabilité des données personnelles. Techniquement, est-ce vraiment possible ?
Rand Hindi : Bien sûr ! Nous le faisons déjà depuis 20 ans avec les emails, nos calendrier, liste de contacts, etc. Le fait que les autres données personnelles ne partagent pas le même format et ne soient pas facilement accessibles tient plus du fait que les entreprises ont favorisé un écosystème fermé plutôt que d'un problème technique.

L'ADN : La Chine a déjà interdit des milliers des déplacements à des citoyens au score social jugé mauvais (nous vous en parlions ici). Quelle limite existe-t-il entre une utilisation des données responsable et bénéfique pour tous et une privation de liberté ?
Rand Hindi : Le cas de la Chine est extrême, et, à mon sens, devrait être interdit. On prive les citoyens chinois de leur liberté, et de leur droit à la vie privée, chose qui est pourtant dans la Déclaration universelle des droits de l'homme. Bien que le RGPD nous protège contre les abus des entreprises, il ne nous protège pas contre les abus des gouvernement. Il nous faudrait en fait aussi un règlement anti-surveillance de masse !

L'ADN : Vous avez invité Mark Zuckerberg, a-t-il répondu à l'appel de la fête ?
Rand Hindi : Haha ! Non.

 

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