Une affiche du podcadt de radio nova

Face à Spotify et TikTok, Radio Nova reste le grand prescripteur de la scène musicale

© Radio Nova

Radio Nova fête ses 40 ans. Dans une époque où la musique se découvre sur TikTok et s'écoute sur Spotify, la petite station tient son cap de grand pourvoyeur de nouveaux talents.

En cette année 2022, Radio Nova célèbre ses 40 ans d’antenne. Pour l'occasion, elle a proposé à sa fidèle audience 42 heures de podcasts retraçant son histoire. À travers des témoignages, des archives et des morceaux de l’époque, on découvre cette petite radio (seulement 25 fréquences sur toute la France) qui joue encore un rôle central dans la découverte et la prescription musicale. Mélanie Mallet, directrice d’antenne, nous raconte comment Radio Nova parvient à conserver sa place d'outsider face aux plateformes de streaming. Interview. 

On vous surnomme « bébé Nova », car vous avez fait presque toute votre carrière dans cette radio, depuis le poste de standardiste jusqu'à celui de directrice d’antenne. Pouvez-vous nous expliquer cet attachement à cette maison ?

Mélanie Mallet : J’étais quelqu’un d’assez ascolaire et plutôt passionné par la musique donc rétrospectivement je n’ai jamais eu d’autre choix que de venir ici. J’ai surtout tout de suite défini et compris intérieurement ce ton Nova qui m’appelait. Après un premier stage chez TSF Jazz, j’ai commencé en tant que standardiste. J’ai voulu partir plusieurs fois et chaque fois on m’a rattrapé pour monter sur un autre projet ou travailler sur des émissions. Ce que je comprends maintenant, c’est qu'il est très dur de s’ennuyer ici.  

À vous entendre, on a l’impression que vous parlez d’une maison familiale. 

M.M : Oui, c’est totalement ça, on a des ambitions mesurées. L’idée de Nova n’a jamais été de faire un empire ou un château, mais plutôt une belle maison agréable à vivre. C’est vraiment ça depuis 1981 et ça n’a pas changé sur ce point. On assure la même mission : sélectionner et faire découvrir de la bonne musique. Mais on est toujours flattés d’être comparés à des mastodontes comme France Inter. Comme on aime le dire, on est la plus petite des grosses radios.

Du coup, célébrer les 40 ans de la radio, c’est un peu comme organiser l’anniversaire de ses parents ?

M.M : C’est dix fois pire. On se sent héritier de toute cette histoire et on s’est posé mille questions pour rendre le meilleur hommage possible. À la fin on s’est dit qu’il fallait raconter l’histoire de Nova. C’était la chose la plus logique à faire et ça a été un véritable défi qui nous a pris un an de travail. On s’est basé sur 93 témoignages de gens qui ont travaillé à Nova. En fonction des anecdotes qu’ils nous ont racontées, Isadora Dartial, la journaliste en charge des archives chez nous est partie à la recherche des grilles de l’époque, quand elles existent encore, pour retrouver les extraits qui permettent d’illustrer les propos. C’était totalement vertigineux, on a produit 42 heures de podcasts avec un tiers de témoignages, un tiers d’archives et un tiers de musique. 

L’époque est révolue où les radios étaient des faiseuses de stars. Aujourd’hui, les gens découvrent les artistes sur TikTok ou écoutent leurs morceaux préférés sur Spotify. Et Radio Nova dans tout ça ?

M.M : Je suis très optimiste et très pro changement. Du coup, je trouve ça super. Mais surtout, de ce qu’on peut observer, Nova n’a pas perdu de son influence. On reçoit toujours énormément de musique et de nouveaux artistes tous les jours : 93 % des morceaux qui sont joués chez nous ne sont joués nulle part ailleurs et on joue 50 % de nouveautés qui ont moins de 9 mois. On est toujours prescripteurs et défricheurs et notre mission a d’autant plus de sens que le paysage a beaucoup changé et s’est complexifié. Si les auditeurs vont sur les plateformes de streaming, ça n’est pas un souci car on y est très présents avec des playlists éditorialisées et des compilations. Ensuite, on change aussi notre manière de faire. Avant, notre fondateur Jean-François Bizot partait en Jamaïque remplir ses valises de vinyles. Maintenant on va farfouiller TikTok ou d’autres recoins du Web pour trouver ce qui nous plaît. Notre mission reste la même... nous avons juste de nouveaux territoires à explorer. 

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