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Un kioske à journaux
© AdrianHancu via getty image

Moins d’articles, plus de journalistes et plus d'audience : la formule gagnante du journal Le Monde

Le 20 janv. 2020

C'est a priori contre-intuitif. Et pourtant... Le directeur de la rédaction du Monde Luc Bronner prouve qu'on peut embaucher plus, produire moins, et sortir gagnant de l'équation.

À l’heure où la course aux clics oblige les rédactions à rebondir sur la moindre petite actualité, le journal Le Monde a décidé de faire les choses à l’envers. Ainsi son directeur de rédaction Luc Bronner a mis en avant sur Twitter des statistiques plutôt éloquentes. Entre 2018 et 2019, Le Monde a réduit de 14 % le nombre total d'articles publiés. À l’inverse, le journal compte près de 500 journalistes dans sa rédaction contre 400 en 2014.

Avec moins d’articles et plus de journalistes, Luc Bronner met en avant la forte progression de l’audience du média avec 11 % de plus sur la partie web. La diffusion web et print a elle aussi progressé de 11 % sur l’année 2019.

Marre de l'infobésité

Cette tendance à un ralentissement de l’information et à la mise en ligne d’articles plus fouillés va justement dans le sens du public. En octobre 2019, la plateforme Make.org et l’association Reporters d'Espoirs avaient dévoilé les résultats d’une enquête menée auprès de 104 000 participants. À la question « Comment les médias peuvent-ils améliorer la société ? », l’une des solutions plébiscitées était justement de « Privilégier un traitement moins rapide et plus approfondi de l'information ».

Régulièrement cité comme un exemple de bonne stratégie, le journal anglo-saxon The Guardian avait déjà montré la voie. En effet, le média affiche une santé éclatante tout en ayant réduit d’un tiers le nombre de ses articles. Le responsable des audiences du journal Chris Moran expliquait à ce titre que ses équipes avaient épluché les papiers qui étaient le moins lus par les lecteurs. L’un de leurs points communs était le fait qu’ils avaient été écrits non par envie mais parce qu’il « fallait le faire ». Moins les journalistes sont investis dans un article, moins le titre ou l’iconographie sont travaillés. Résultat : ça donne un papier qui ne donne pas envie d'être lu. À l'inverse, le journal a privilégié les grosses enquêtes avec sa rubrique « Long Read » – qui, par ailleurs, est un bon moyen de donner envie aux lecteurs de s'abonner.

David-Julien Rahmil - Le 20 janv. 2020
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