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« Ils deviennent immortels »  : comment le métavers Somnium Space voudrait ressusciter les morts ?

© Somnium Space

En collectant nos données, Somnium Space prétend pouvoir prolonger nos existences dans son métavers et permettre aux utilisateurs de parler aux défunts. Rien que ça.

Vous aviez déjà du mal à vous projeter dans le métavers ? La nouvelle trouvaille de Somnium Space va vous faire frissonner. Ce métavers mise principalement sur l’exploration d’un monde virtuel en 3D grâce à du matériel de réalité augmentée. Mais ce qui le différencie drastiquement de ses concurrents, c’est avant tout son prochain projet : Live Forever. Grosso Modo, en récoltant un maximum de données sur un individu, il serait possible de le recréer sous forme d’avatar afin d'interagir avec lui de façon virtuelle. Décryptage.

« Mon fils, je te présente ton arrière-arrière-grand-père !  »

« Prolonger la vie d’un Homme virtuellement en collectant ses données personnelles » . Que l’idée vous semble folle ou non, on se demande surtout comment Artur Sychov, CEO de Somnium Space, a pu y penser. Aux micros de Vice, le Tchèque raconte avoir perdu son père d’un cancer, quand ses propres enfants étaient trop jeunes pour conserver des souvenirs de leur aîné. Mais plutôt que de se morfondre, il a décidé de trouver une autre solution pour garder le contact. Et cette solution, c’est l’extension Live Forever de Somnium Space.

Inaccessible aux utilisateurs pour le moment, cette fonctionnalité invitera les utilisateurs à laisser la plateforme stocker leurs faits et gestes, leurs échanges vocaux et l’ensemble des données personnelles qui pourraient aider la plateforme à créer un clone virtuel de leur personne. Accessibles n’importe quand, ces avatars permettraient de garder une trace d’un individu, qu’il soit absent ou même plus de ce monde. In fine, le but de cette démarche serait une forme d’archivage social, permettant de prolonger la possibilité d’interagir avec un individu disparu.

Au-delà d’être enthousiasmé par la démarche, Artur Sychov assure que le projet pourrait être d’une grande crédibilité de par la précision des technologies en VR pour capturer les données personnelles :   « La quantité de données que nous pourrions enregistrer sur un individu est probablement de l’ordre de, soyons réalistes, 100 à 300 fois plus importante qu’avec un téléphone mobile. La technologie de la réalité virtuelle peut recueillir la façon dont vos doigts, votre bouche, vos yeux et votre corps tout entier bougent, pour vous identifier rapidement et de façon beaucoup plus précise que les empreintes digitales » (source : Vice). En ce sens, Somnium Space s’est même allié à Tesla, qui développe actuellement des nouveaux prototypes de combinaisons haptiques pour capter les mouvements du corps dans le métavers.

Artur Sychov équipé d’une combinaison haptique Tesla lors d’une conférence © TEDX

« Somnium Space n’est pas Meta » : pas d’inquiétude quant à l’utilisation de vos données ?  

C’est peut-être la première question qui vient à l’esprit en découvrant ce projet : où s’en vont nos données ? Qui les emploie ? Pour le fondateur, pas de panique. Contrairement à Facebook, ce sera à l’utilisateur lui-même de décider de la récolte de données ou non. La fonctionnalité Live Forever devrait d'ailleurs être payante (environ 40 € l’année) et agir en fonction de la volonté du joueur qui aura le droit de demander la suppression de ses données quand bon lui semblera.

Mais au-delà des questions techniques, Somnium Space amène surtout bon nombre de questionnements moraux et éthiques. Comment gérer l’immortalité virtuelle sur le long terme, moralement et juridiquement ? Quel impact cette pratique pourrait avoir sur le processus de deuil, et la psychologie des personnes endeuillées ? Des questions qui devraient faire cogiter l’entreprise, d’ici le lancement de Live Forever prévu en 2023.

Source : Vice

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