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Google Maps : l'incompréhensible multiplication des prix pour les pros

L'ADN
Le 9 mai 2018

Le 11 juin, les nouveaux prix du service Google Maps vont entrer en vigueur. Si Google Map met en avant la simplification de ses services, le web a surtout retenu une augmentation phénoménale des prix et une carte bleue obligatoire... Retour sur ces annonces et décryptage avec Emmanuel Mouren, fondateur de Wemap.

Le 2 mai, Google a annoncé une refonte complète de son offre professionnelle Google Maps. Google Maps compte plus d'un milliard d’utilisateurs. Le succès de Google Maps pro n’en est pas moins impressionnant. Lancée il y a 13 ans, l’API Google Maps a longtemps été la plus utilisée sur le web. C'est grâce à elle que de nombreux sites ajoutent leurs informations sur des cartes basiques.

Google explique son annonce par la nécessité de simplifier son offre - qui compte 18 produits différents (pour le calcul d’itinéraires, la localisation des adresses, l’utilisation de ses services d’annuaire, etc.) - en la ramenant à trois produits principaux : la carte, le calcul d’itinéraires et les annuaires. Mais derrière cette « simplification » se cache une augmentation des prix qui n’a pas échappée à la communauté des développeurs. De Reddit à Hacker News les fils de discussion n’en finissent plus de commenter la multiplication des prix par plus de 10, la réduction des limites de volume gratuits ou l’imposition d’une carte bancaire pour commencer à utiliser Google Maps.

Même les représentants de la fondation Open Street Map France ont réagi en étudiant précisément l’évolution des prix pour différents volumes de trafic, révélant ainsi qu’ « un site avec 100.000 cartes affichées par jour voit son coût multiplié par plus de 500 ».

Incompréhension face à l'augmentation des prix

Pour ce qui est de la simplification, même les meilleures volontés peinent à comprendre les nouveaux prix de Google, où des produits quasi identiques affichent des écarts de prix... infinis ! Ainsi les « embeds », ces vignettes cartographiques Google Maps intégrées dans des pages web peuvent être à « 0 $ » pour 1 000 vues, ou à « 11 $ » pour 1 000 vues dans le cas des « advanced embeds ». Problème : impossible de savoir ce que sont ces « advanced embeds », puisque non définis par Google ! Cette opacité n’est peut-être pas délibérée mais elle révèle une attitude : Google Maps mise sur son statut de « solution par défaut » pour nombre d’éditeurs. Passant par des agences ou utilisant des librairies populaires et ayant déjà leur carte bancaire inscrite pour d’autres services Google (Google for Work, etc.) ils resteront captifs et, avec la baisse des seuils gratuits, commenceront à payer Google Maps au 11 juin, sans s’en rendre compte.

Plus étrange encore Google Maps affiche des extraordinaires écarts de prix entre le monde du web et les applications mobiles : si les prix sur le web et le web mobile augmentent d’un facteur 10, pour les applications mobiles Google Maps reste… gratuit ! Alors que les entreprises doivent occuper tous les canaux à la fois pour toucher leur public, Google place ses clients dans une situation impossible : développer un produit cartographique avec ses contenus d’entreprise est coûteux et ne le faire que pour un environnement n’a aucun sens. C’est d’ailleurs le pari de plusieurs technologies (disclaimer : dont Wemap 😇) qui donnent aux éditeurs la capacité de créer un seul produit cartographique avec leurs contenus, qui sera déployé partout, en une seule fois : sur le web, vers des applications mobiles ou des écrans publics, etc.

Réflexe Google

Au vu de l’accueil réservé à ces évolutions, on se demande quelle mouche a piqué Google. En fait, la refonte de Google Maps a été précédée d’un petit signe annonciateur : le lancement en mars d’outils de développement de jeux vidéos basés sur Google Maps. Ce nouveau produit est sorti quelques semaines après la méga-levée de fonds de 164 M$ de Mapbox auprès de Softbank, start-up américaine de cartographie très appréciée des développeurs et très ambitieuse pour les jeux vidéos « géo » à la Pokemon Go. Avec sa nouvelle plateforme pour développeurs Google Maps enfonce le clou : la guerre avec Mapbox est officiellement ouverte. Depuis plusieurs années sa position ultra-dominante dans la carto lui imposait de maintenir des prix très bas, pour ne pas s’attirer les foudres des autorités. Le buzz autour de cette startup très financée est une aubaine pour Google : l’apparition d’un semblant de concurrence permet à Google de monter fortement ses prix, sans trop craindre pour sa position, compte tenu de la puissance du « réflexe » Google dans les entreprises et les institutions.

Vers plus d'OpenStreetMap ?

Et les utilisateurs dans tout ça ? Google donne à peine un mois à ses utilisateurs pour se préparer à ces nouveaux prix, un calendrier trop serré pour changer d’outil cartographique. Il est probable qu’à partir du 11 juin de nombreuses cartes Google cessent de s’afficher, ou que des factures s’envolent pour ceux qui n’ont pas mis en place de limites de dépense auprès de Google. La bonne nouvelle c’est que des alternatives existent, dont beaucoup font partie de la communauté ouverte OpenStreetMap. Qui plus est, ces technologies sont concentrées sur certains besoins précis - l’information du public pour Wemap, la visualisation et l’analyse de données pour Carto, la navigation embarquée pour Mapillary - et apportent une réponse précise aux besoins des entreprises. Reste qu’elles sont souvent méconnues face à l’omniprésence de Google et que tout l’enjeu est de faire connaître ces innovations.

Wemap est une plateforme de cartes intelligentes pour l’information du public. Avec Wemap les éditeurs peuvent brancher leurs contenus sur une carte faite pour l’information du grand public et la déployer dans tout environnement (site web, app mobile, écran public) en quelques minutes. Air France, TF1, le ministère de la Culture et plus de 100 autres acteurs utilisent aujourd’hui Wemap pour offrir une information locale efficace et plaisante à leurs publics.

Commentaires
  • Il y a des alternatives comme Bing Maps ou Here qui fonctionnent très bien pour la plupart des usages, et même mieux que l'outil de Google dans certains cas.
    "Don't be evil" qu'ils disaient. Google est en train de devenir pire que le Microsoft d'autant là où le géant de Redmont est devenu cool c'est le monde à l'envers.

  • En quoi est-ce incompréhensible ? Enfin on ne peut pas faire mine de découvrir le fonctionnement d'un système marchand ! La position de leader dominant étant assurée, il était logique que Gmaps s'assure une rente !
    Heureusement OSM existe ....

  • L'API ViaMichelin est également une alternative très performante. Basée sur la cartographie Michelin, elle propose même des options d'itinéraires que GoogleMaps n'a pas comme le coût du trajet, le trajet le plus court, ou encore les isochrones par la route (et pas à vol d'oiseau).

  • En France l'une des alternatives reste aussi l'IGN dont les missions de production de données et de services géographiques sont régaliennes

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