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Journal

La palme du pire média est décernée à...

Le 18 janv. 2018

Le président américain Donald Trump l'avait promis, il a remis mercredi soir ses « Fake News Awards ».

S'il est une chose que l'on peut accorder à Donald Trump, c'est qu'il sait faire le show. Celui qui a présenté plusieurs années The Apprentice, célèbre émission de télé-réalité américaine, s'est improvisé maître de cérémonie pour décerner, tenez-vous bien,  les « Fake News Awards » censés récompenser les médias les plus mensongers. Un comble, pour celui qui, selon le Washington Post, a menti plus de 2 000 fois l'an dernier.

«And the FAKE NEWS winners are…»

Donald Trump a probablement cru ménager un suspens insoutenable en reculant la date de son annonce, initialement prévue le 8 janvier, au mercredi 17. Le président a établi la liste des résultats, dévoilés sur le site du Parti républicain, selon les supposées fausses informations diffusées par les médias américains. Donald Trump juge par exemple, que le New York Times a menti en relayant les propos Paul Krugman. Le prix Nobel d'économie affirmait que les marchés ne se remettraient « jamais » de Trump.

Quels sont donc « les médias traditionnels les plus corrompus et biaisés », selon Donald ? CNN caracole en tête du classement avec quatre mentions, suivi par le New York Times (deux mentions), puis Time, ABC, le Washington Post et Newsweek (une mention chacun).

Trump et les médias, histoire d'un désamour

Entre Trump et les médias, c'est un peu comme dans la chanson de Gainsbourg : « Je t'aime... moi non plus ». Pendant la présidentielle américaine, le milliardaire n'a pas hésité à dénigrer continuellement les journalistes, tant pendant ses meetings que sur son compte Twitter à coup de : « Les médias mentent ! ».

Et le magnat de remettre en cause régulièrement les informations des journalistes. Lors de la cérémonie d'investiture le 20 janvier 2017, 250 000 personnes sont réunies au bas des marches du Capitole (le siège du Congrès américain). Mais pas pour Trump. Lui en voit un million. L'avis du porte-parole de Maison-Blanche, Sean Spicer ? « C'était le plus grand public à jamais assister à une investiture, point barre », rapporte Le Figaro.

Un chemin très dangereux

Deux sénateurs de l'Arizona, John McCain et Jeff Flake ont réagi à l'annonce. Les deux hommes politiques s'étaient déjà illustrés par leur opposition au boss de la Maison-Blanche.

« Trump continue ses attaques incessantes contre l’intégrité de journalistes et de médias américains », grogne le sénateur John McCain. Le vétéran du Vietnam a déploré l'utilisation de l'expression "Fake News", à laquelle le président américain a donné une légitimité, est utilisée par des autocrates pour réduire au silence des journalistes ».

De son côté, Jeff Flake a ouvertement critiqué Donald Trump, dans l'enceinte du Sénat américain : « Un président qui ne supporte pas la critique, qui doit constamment détourner, déformer et faire distraction, qui doit toujours trouver quelqu’un d’autre sur qui rejeter la faute, trace un chemin très dangereux. »

Des journalistes inquiets

L'attitude de Trump envers les journalistes inquiète. À tel point qu'une mission d'enquête se déroule cette semaine aux Etats-Unis, organisée par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et l’IFEX (un réseau mondial pour la liberté d’expression). Interrogée par Libération  Margaux Ewen, directrice Amérique du Nord à Reporters sans frontières, s'étonne : « Habituellement, ce genre de missions se passe au Mexique, en Ukraine ou en Turquie ».

Le président américain apprécierait-il d'être comparé à ces pays, lui qui n'a pas hésité à comparer Salvador, Haïti, et les pays d’Afrique dans leur ensemble à des shitholes (« pays de merde ») ? On a comme un doute...

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