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Un tracteur en train de moissonner un champ de blé
© pixelfit via Getty Images

Loi Alimentation : un an après, ce sont les industriels qui en profitent

Le 28 oct. 2019

Elle était censée améliorer le revenu des agriculteurs et favoriser l’accès à une alimentation saine et durable. Mais un an après son vote, la loi Alimentation déçoit et semble ne profiter… qu’aux industriels.

1,6 milliard d’euros. C’est le montant prévisionnel des dépenses supplémentaires entraînées par la loi Alimentation en deux ans, selon les calculs de l’UFC-Que Choisir. Cette inflation est due à deux mesures qui devaient améliorer la répartition de la valeur et, initialement, soutenir une meilleure rémunération des agriculteurs et agricultrices.

Une hausse des prix pour les consommateurs et consommatrices

En cause : l'encadrement des promotions et le relèvement du seuil de revente à perte (SRP, qui correspond au prix en-dessous duquel un distributeur ne peut revendre un produit). Depuis le 1er février 2019, cette mesure a entraîné une hausse des prix des produits alimentaires. Les marques nationales enregistrent une hausse de 1,14%, et des « produits d’appel comme Coca-Cola ou Nutella, mais aussi l’emmental, le thon en boîte ou le pastis, traditionnellement vendus avec une marge très faible, bondissent, eux, de 5 à 7% », note l’UFC-Que Choisir.

Un surcoût qui bénéficie surtout aux industriels

Cette hausse des prix ne semble pas bénéficier aux agriculteurs et agricultrices – qui, comme le rappelle Brigitte Gothière, présidente de L214, connaissent des conditions de vie misérables. Selon la Mutualité sociale agricole, un tiers des agriculteurs français gagnait moins de 350 euros par mois en 2016. Il semble donc urgent d’agir.

Or, le ministère de l’Agriculture constate un recul de 0,4% des tarifs des marques nationales dans les négociations commerciales annuelles. Dans un communiqué, la Confédération paysanne annonce même que « la grande distribution et l’industrie continuent d’imposer des prix agricoles en-dessous des prix de revient à de nombreuses filières. »

L’État interpellé

Pour remédier à ces déséquilibres, l’UFC-Que Choisir et la Confédération paysanne interpellent le gouvernement. Les deux organisations souhaitent notamment plus de transparence sur les marges des industriels et des enseignes de la grande distribution ainsi que l’annulation du SRP. Après les discours prometteurs, les associations attendent les actes !

Commentaires

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  • La novlangue du "celles et ceux" semble avoir les faveurs de l'auteur au vu de la première partie de cet article. Mais alors pourquoi seulement une fois sur deux ? Il aurait fallu écrire "un tiers des agriculteurs ET AGRICULTRICES français gagnait moins de 350 euros par mois en 2016". De même devrait-on lire "Un surcoût qui bénéficie surtout aux industriels ET INDUSTRIELLES", non 😉 ? C'est moche, indigeste mais à la mode.

  • "[...] le ministère de l’Agriculture constate un recul de 0,4% des tarifs des marques nationales dans les négociations commerciales annuelles" --> Ne doit-on pas en conclure que la loi a profité aux Distributeurs et non aux Industriels ?