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Extrait du film Black Panther

Découvrez le buzzword de l'année : l'inclusive design

L'ADN
Le 5 avr. 2018

Cette année, au SXSW, le monde de la tech n'était pas à la fête, et les speakers n'avaient qu'un seul concept à la bouche : l'inclusive design ! Explications par Sébastien Houdusse, Directeur Général Adjoint de BETC Digital.

Cette année à Austin, au SXSW, on avait l'impression, comme dirait le rappeur français Orelsan, que la fête était finie. La couverture du numéro de mars de Wired nous donnait déjà quelques indices avec un Mark Zuckerberg tout juste sorti d'un combat contre Mike Tyson.

Le tourbillon Cambridge Analytica n'était pas encore arrivé, une voiture autonome n'avait pas encore tué un passant, mais on sentait déjà que les GAFA se rendaient enfin compte que leur monde, blanc, riche et propre sur lui, n'était pas forcément celui dans lequel vivent la plupart des Terriens.

Dans la foulée, nos amis de la Silicon Valley semblent découvrir que les algorithmes ne sont que le reflet des humains qui les créent, avec leurs propres biais sur le monde, leur vue faussée et forcément subjective. Comme le dit joliment le designer et auteur John Maeda : "we're algorithmically biased"... et de citer toutes les erreurs des machines, reflets des préjugés des hommes. Jusqu'à récemment, si je tapais "I have a meeting with the CEO" dans un texto sur l'Iphone, l'emoji proposé par Apple était forcément un homme, et quand je demandais à Google Home "Are women evil ?" que me répondait-il ? "Yes".

Bref. Les exemples sont légion. Alors, tout le monde se met à faire des trainings, pour éliminer ces "conscious and unconscious bias". Et on invente une nouvelle expression, qu'on a entendue dans quasiment toutes les conférences de cette année. Attention - le buzzword 2018 is coming : "inclusive design".

Pour résoudre les préjugés d'une machine programmée par l'homme, il faudra que le design soit plus inclusif, et prenne en compte les besoins et attentes des URM - Under Represented Minorities. 

Et John Maeda, encore lui, explique que si vous ne pratiquez pas l'inclusive design par bonté d'âme, pratiquez-le surtout parce que c'est bon pour le business. Il cite l'exemple de Black Panther, qui fait honneur au seul super-héros noir de Marvel, et met à l'écran une minorité sous-représentée dans l'histoire du cinéma - tout en devenant le film de super-héros le plus rentable de l'histoire.

Alors, le design inclusif sera-t-il la solution aux biais de ceux qui créent les outils technologiques que toute la planète utilise ? Pas évident.

Mais ce qui est sûr, c'est que des réponses sont attendues de la part des géants de la tech, et les politiques étaient cette année très présents à Austin, prêts à mettre la pression aux GAFA, à exiger des réponses et des solutions pour redonner à Internet ses lettres de noblesse, de liberté et de transparence qu'il semble avoir récemment perdues. Comme le dit Sadiq Khan, le maire de Londres, politiques et tech doivent travailler ensemble car sinon les sanctions tomberont rapidement. Et de citer l'exemple de l'Allemagne qui vient de faire passer une nouvelle loi qui promet des amendes de plus de 50 millions d'Euros aux réseaux sociaux qui ne seront pas assez prompts à supprimer les discours de haine sur leurs plateformes. Signe, peut-être, que les GAFA seraient en train de devenir des entreprises comme les autres.

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