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© Airubon via Getty Images

Entre le « low tech » et les « tech-addicts », découvrez les « clean techs »

Le 6 févr. 2019

Moins radicaux que les adeptes des « low techs », et plus pragmatiques que les « tech addicts », start-up, entrepreneurs et entreprises se rassemblent autour du mouvement des « clean techs ». Leur objectif : miser sur des solutions durables, inclusives et des usages raisonnés.

Tantôt pointée du doigt pour ses conséquences environnementales (émissions de gaz à effet de serre, accumulation des déchets dus à l’obsolescence programmée) ; tantôt pour ses effets négatifs sur nos comportements et, plus largement, sur le fonctionnement de nos sociétés (impact sur notre cerveau et délitement du lien social), la « tech » compte autant de contempteurs que de fervents adeptes. Pourtant, il existe une voie médiane entre les défenseurs d’un modèle « low tech », qui pensent que le futur passe par des solutions moins sophistiquées, et les chantres d’un modèle techno-solutionniste, pour qui chaque problème doit bénéficier d’une réponse technologique. Ces adeptes de la troisième voie, ce sont les entrepreneurs réunis sous la bannière des « Clean techs ». Pour eux, l’innovation doit concilier impact écologique, sociétal et économique.

La règle des 3 impacts : écologique, sociétal, économique

En France, c’est l’organisation Clean Tech Open France qui centralise ce mouvement. D’abord née aux États-Unis, elle rassemble des start-up et PME qui réfléchissent à des solutions « propres » pour répondre aux grands enjeux de leur secteur. « Notre objectif est d’accélérer la mise sur le marché de ces produits et services à impact positif », explique Paul Foucher, qui anime la communauté Clean Tech Open France depuis 2014. « Nous organisons chaque année un concours pour identifier les meilleures start-up. Nous rencontrons environ 400 entreprises. Certaines sont en phase de démarrage. Dans ce cas, on soutient leur innovation "from the lab". D’autres sont déjà installées et ont un enjeu de développement à l’international. »

Chacune de ces entreprises propose une innovation qui répond aux trois critères de soutenabilité (écologique, économique et sociétale). « Nous avons souvent affaire à des innovations technologiques, mais on ne s’interdit pas de valoriser des innovations d’usage ou de modèle économique », précise Paul Foucher. « On prône un modèle inclusif, une approche transversale. L’impact écologique seul n’est pas suffisant. On doit réfléchir aux autres variables : est-ce que cette innovation s’adresse au plus grand nombre ? Est-ce que cette innovation risque d’exclure une partie de la population ? ».

« La force de ces solutions, c’est qu’elles peuvent se déployer dans de nombreux domaines : énergies propres et renouvelables, gestion de l'eau et des déchets, mobilité verte, fluidification des flux de transports dans les villes, éclairage public intelligent, surveillance en temps réel des forêts, de l'air ou des océans, nouveaux matériaux moins polluants… Les Clean Techs sont des solutions concrètes à la mise en opération des transitions énergétiques. La demande pour ce type de solutions et services est bien là et les consommateurs sont en première ligne pour faire bouger les lignes », précise Cyril Cortina, Vice-Président Énergie & Utilities, Télécommunications et Médias chez CGI Business Consulting.

Bientôt une Silicon Valley des éco-industries ?

Paul Foucher se rend tous les ans à Los Angeles pour assister à la grand-messe des Clean Techs. Cette année, il a fait le voyage avec l’entrepreneur Olivier Le Lann, qui représentait la France dans le domaine des nouvelles mobilités avec sa start-up EVA (Electric Visionary Aircraft). Pour cet ancien de Tesla, la solution pour décongestionner les centres urbains réside dans les véhicules volants. Il a donc décidé de proposer un modèle, moins cher qu’un hélicoptère et moins polluant, et de réfléchir à des applications logistiques concrètes.

Certains projets soutenus par Clean Tech Open France sont moins spectaculaires, mais ils pourraient se révéler tout aussi révolutionnaires. C’est le cas notamment de la start-up INALVE, qui développe des nourritures alternatives à base de micro-algue, ou de YNSECT qui propose des produits à partir d’insectes. Ces deux entreprises apportent des solutions concrètes pour une alimentation d’élevage ou d’aquaculture qui évite la pollution de masse, la déforestation et le gaspillage.

Pour Paul Foucher, et tous les entrepreneurs des « clean techs », l’idée de « tech for good » est plus qu’un buzzword. Il s’agit de la seule manière saine et responsable d’envisager l’innovation technologique. « La tech pour la tech, à quoi bon ? On ne doit pas ajouter de la complexité, mais bien de l’utilité. La tech doit avant tout être au service du bien commun. » Une idée qu’il envisage déjà de concrétiser en ouvrant une Clean Tech Valley, sur le modèle de sa cousine californienne, mais en « green » et inclusive. Un projet qui connaît déjà une concrétisation locale, puisque le département du Gard vient d’annoncer le lancement d’une initiative de ce type. L’ambition ? Redynamiser l’économie locale grâce aux Clean techs.

Commentaires
  • Bonjour Nastasia,
    Merci de faire l'echo de ces belles initiatives.
    Je partage l'idée de donner du sens à la technologie, c'est mieux. Effectivement elle doit être utile avant tout. Je crois aussi que sur le long terme, l'utilisateur fait la différence par lui même entre la "tech for tech" et la "tech for good". D'ailleurs les produits qui durent dans le temps sont généralement "tech for good".
    A bientôt,
    Laurent Cachalou du blog Innover-Malin

  • Le secteur de l'agro-alimentaire rêve de pouvoir utiliser cette source de protéines à bas-coût et à moindre impact écologique que la protéine animale.
    C'est la réponse idéale pour continuer à faire tourner les machines en maximisant les profits.
    Alors est ce vraiment révolutionnaire de fabriquer en usine des farines qui seront transportées dans d'autres usines pour les associer à d'autres aliments en comprimé ou en boite?
    Non, mais c'est un excellent moyen de ne pas remettre en cause le modèle productiviste et de tout changer pour que rien ne change.

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