actu_21977_vignette

Flat design VS flat design

Coqueluche du tout design depuis plusieurs années, le flat - la tendance à tout épurer en 2D - a été vu partout et à toutes les sauces. ultranoir s’interroge aujourd’hui sur la légitimité du flat, ses atouts et ses faiblesses. Et si le flat design était son propre ennemi ?

 

Round 1 Information VS Expression

Avec “less is more” comme philosophie principale, le flat design part clairement d’une bonne intention. Face à la surenchère visuelle sur le web, il s’agit de faciliter la tâche de l’utilisateur en lui permettant de trouver l’information qu’il recherche, tout de suite. Minimalisme et géométrisme conjuguaient déjà le Beau dans l’Architecture physique, il était donc logique qu’en Architecture digitale l’effet fonctionne aussi.

Cependant, on peut se demander si ce qui était l’apanage d’un Art dans les années 1920 (style Bauhaus) n’est pas devenu simplement un symptôme de la consommation de masse : il faut surfer plus, plus vite et plus efficacement. Ainsi, malgré cette esthétique, le flat et ses côtés fonctionnels, rationnels, non éphémères et à la portée de tous peut se heurter aux valeurs d’expression d’une marque, notamment celles de l’univers du luxe.

Difficile de sortir son message du lot, si l’on ne peut en choisir la forme graphique. Difficile oui, mais pas impossible : la contrainte a toujours été le plus grand terrain de créativité qui soit. En ne gardant que le meilleur du flat, l’association de couleurs, la prépondérance photographique et typographique, il est encore imaginable de réinventer. La durabilité du flat design reste également un excellent moyen de refléter l’intemporalité d’une marque.

 

 

Round 2 Intégration VS Diffusion

En se débarrassant du superflu (motifs, dégradés, textures) et en valorisant des formes simples, du contenu en bloc ou sous forme de cartes et surtout des textes courts, le flat est également devenu le chouchou des intégrateurs HTML. Plus fluide, et ce quel que soit son support, le flat permet une navigation plus rapide et plus ludique. S’il est donc plus facile à créer et plus facile à coder, le flat est donc plus apte à être accessible en dehors des agences web. On pourrait se réjouir de l’enrichissement engendré par cette diffusion, mais comme toujours, le principe du “n’importe qui peut le faire” a ses travers. N’importe qui peut désormais acheter un template wordpress flat à 40$ sans qu’il y ait eut derrière celui-ci une réelle réflexion UX. Sa simplicité d’exécution entraine également une légère dévalorisation du travail de direction artistique, on ne s’interroge plus sur l’esthétique, on l’applique et c’est tout.

 

Round 3 Ergonomie VS Uniformité

Au départ, le flat design était en termes d’ergonomie la suite logique du skeumorphisme, représentant des éléments physiques symboliques afin de simplifier encore la navigation. Besoin de productivité, d’allègement des interfaces, d’un point de vue utilisateur, le flat design reste tout-à-fait justifiable. Pour autant, à force de supprimer l’accessoire, il finit parfois par élaguer le nécessaire : comment savoir où cliquer sur un site entièrement plat, sans ombre ou autre indice ergonomique. L’important reste de s’interroger : “Le flat est-il réellement fait pour mon projet ou mon message ? ”, “Comment effectuer la transition de mon ancien site vers une nouvelle version flat ? ” “Comment utiliser cette tendance sans ressembler aux milliers de sites existants ? ” Le mieux reste sans doute la mesure :

1) Ne pas trop miser sur les blancs pour éviter l’effet de vide si les visuels ne sont pas suffisamment impactants

2) Ne pas compter uniquement sur ces visuels et une suppression des textes, afin de conserver les effets positifs du référencement naturel.

3) Ne pas faire comme le voisin, réfléchir à ses propres besoins utilisateurs et à un message unique.

 

S’il reste un sujet sur lequel le flat fait l’unanimité, il s’agit bien de la cohérence renforcée entre les différents supports portables. Le flat est rentré dans la norme et semble sur tablette et mobile rester la meilleure solution pour les systèmes d’exploitation. D’autre part, depuis l’ iOS7, le flat design nous a démontré qu’il conservait plus d’un tour dans sa forme en se mêlant doucement au skeumorphisme, en se proposant sous des formes évolutives, telles que le semi flat ou le flexible flat. Sa véritable force serait donc peut-être sa faculté d’adaptation et de mélange à d’autres codes graphiques, leur léguant ainsi sa simplicité tout en s’enrichissant de nouveaux attraits.

 

(Photo Une via mashable)

 

commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.