actu_23169_vignette

Facebook : vers un conglomérat Social Media ?

Facebook est-il mort ? Pas si sûr... L’empire contre attaque : décryptage d'une politique de (re)construction par Marie Dollé, Kantar Media News Intelligence.

Facebook : cinquante-cinq acquisitions

Depuis ses débuts, Facebook s’est conformé à une politique bien définie d’acquisition de startups. Son crédo ? Repérer les jeunes talents, racheter les sociétés puis les fermer afin de les absorber intégralement au sein de la marque.

Néanmoins, au cours des deux dernières années, cette stratégie semble avoir évolué. En effet, sur les dernières acquisitions majeures faites par la société, au moins quatre d’entre elles – Instagram, WhatsApp, Oculus VR et ProtoGeo Oy - continueront à fonctionner comme des apps autonomes, à savoir sans aucun branding Facebook.

Comment expliquer ce changement ? Facebook a-t-il amorcé un virage stratégique ?

Force est de constater que l'entreprise peine à répondre aux nouveaux usages avec une seule et unique application multifonctions. Le contexte actuel du paysage numérique est polycentrique et en perpétuelle évolution : Facebook se retrouve presque quotidiennement concurrencé par le lancement de réseaux sociaux de niche tels que Pheed ou Snapchat. Et que dire du tout récent réseau Ello, surnommé « l’anti-Facebook » en raison de sa stratégie anti-publicité et anti-données personnelles…

 

Facebook est-il en passe de devenir has-been ?

C’est en tout cas ce que redoute le fondateur Mark Zuckerberg qui reconnaît a demi-mots que si la marque n’est plus perçue comme étant “branchée” elle n’en reste pas moins indispensable. Zuckerberg a ainsi comparé la situation actuelle de Facebook à celle de l’électricité, à savoir un utilitaire omniprésent.

Ainsi, au lieu de chercher à renforcer la marque, il y a fort à parier que Facebook va au contraire diversifier et morceler ses activités en usages afin d’être en mesure de lutter sur tous les fronts. Fait non négligeable, le croisement entre ses différentes plateformes sociales lui permettra par ailleurs de mieux monétiser les applications…

Cette offensive sur smartphone ne constitue pourtant pas la seule grande ambition de Zuckerberg qui vise à étendre son emprise et sa connectivité mondiale. De fait, ce dernier a toujours exprimé son intérêt à faire du monde un endroit plus connecté. Par exemple, l'an dernier, il a lancé Internet.org, un projet visant à améliorer l'accès à internet à travers le monde.

 

« Se déconstruire pour mieux construire »

Dans les années à venir, nous verrons la portée de Facebook dépasser le chiffre actuel de 1,3 milliards d’utilisateurs, mais la plupart des gens qui entreront en contact avec Facebook n’en auront même pas conscience.

Facebook va continuer à se déconstruire pour mettre en place les fondations d'un empire social media encore plus fort - une régie média d’envergure - grâce à un réseau d’apps gérées par le Facebook Audience Network, un réseau publicitaire sur mobile. Avec le lancement de Facebook Atlas annoncé fin septembre Facebook souhaite aller encore plus loin que l’écosystème mobile en proposant un ciblage multicanal.

Nous verrons aussi la tendance de l'acquisition et de l’exploitation indépendante d’entreprises se renforcer. Facebook assurera ainsi son nouveau statut de conglomérat, à la façon d’un Viacom ou Walt Disney version médias sociaux.

Avec les récentes acquisitions dans le domaine de la réalité virtuelle (Oculus), de la remise en forme (ProtoGeo Oy), de la photo (Instagram), de la messagerie (WhatsApp) et prochainement dans le transfert d’argent entre amis via son application Messenger, il est évident que Facebook ne va pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

 

Marie Dollé

Experte en Marketing Digital

Kantar Media News Intelligence

Cette tribune est extraite du livre blanc « Facebook & Twitter : quand le passé dicte le futur »

premium2
commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.