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Usual Suspect

Cinéma : dans la peau d'un script doctor

Le 23 oct. 2017

Au cinéma comme à la télévision, le script doctor John Truby accompagne les auteurs dans l’écriture des scénarios qui feront les succès commerciaux de demain. Il livre ici ses conseils pour délivrer des histoires qui engagent.

 

Pour engager, il faut ciseler son intrigue

Le cinéma, comme la publicité, raconte des histoires : certaines ont un écho large et transnational, d’autres ne sont pas entendues. « Depuis maintenant vingt ans que je travaille sur les techniques du storytelling, je constate que l’une des faiblesses majeures des auteurs provient d’une incapacité à bâtir une intrigue solide : l’intrigue tient en haleine, les personnages apportent des solutions. » John Truby l’affirme, une histoire efficace est bâtie à partir d’une grammaire universelle : si le contenu est complexe, changeant, ciblé, la structure peut, elle, s’inscrire dans une permanence – et l’intrigue en est le cœur. Pour renforcer l’intensité dramatique de son propos, et susciter ainsi l’engagement, il conseille de respecter une trame narrative simple : un ou plusieurs personnages, confrontés à des dilemmes, qu’ils auront à résoudre au cours d’un cheminement. Celui-ci les amènera à rencontrer des obstacles et à les franchir. L’issue de ce cheminement permettra d’instaurer un équilibre nouveau.

Tournage de film

Les émotions sont les "drivers" de l'engagement

Pour John Truby, le sensible et les affects ont une importance fondamentale. Pour obtenir l’attention, il faut s’adresser directement aux émotions : « La source de l’engagement se trouve dans la capacité de l’auteur à créer un personnage auquel le spectateur s’identifie. Je recommande aux auteurs de se poser systématiquement ces questions : à quels problèmes mon personnage fait-il face ? Quels sont ses buts ? ses valeurs ? » En plus d’une intrigue solidement ficelée, John Truby insiste sur la dimension affective et morale de l’histoire : « Voir un personnage qui fait face à des dilemmes, qui est confronté à des obstacles et qui a un objectif clair, engage émotionnellement le spectateur – il faut produire de l’identification et de l’émotion. »

réalisateur

Les nouvelles écritures renouvellent l'engagement

L’évolution des technologies a permis à des formes nouvelles d’écriture d’émerger. À chacune correspond une forme particulière de narration. Nous sommes le plus souvent confrontés à des formes d’écriture qui se développent selon une structure linéaire, organisée en séquences. Pour John Truby, c’est la télévision qui a permis l’un des grands changements de ces dernières décennies : « La narration télévisuelle est vraiment devenue une forme d’art ces quinze dernières années. Elle autorise une structure narrative puissante puisqu’elle permet d’introduire des histoires parallèles dans une même séquence. Cette structure est inspirée des nouvelles du XIXè siècle. » Les dernières évolutions technologiques (jeux vidéo, réalité virtuelle, réalité augmentée, réalité mixte) produisent-elles aussi des changements structurels pour la trame narrative ? « Avec les jeux vidéo, on a la possibilité de produire encore plus de ramifications dans les histoires, mais la réelle rupture se trouve avec la réalité virtuelle qui permet de développer la narration à 360°. »

drone

 

Mais la technologie ne se substituera pas au récit

Les nouvelles formes d’écriture ne rendent pas la grammaire du scénario obsolète. Au contraire, la multiplicité des narrations qui évoluent dans une même séquence ne fait que renforcer l’importance de la structure : « Le pouvoir de la réalité virtuelle ne se situe pas au niveau de la scène, il se situe au niveau de l’immersion. Mais pour maîtriser une narration à 360° qui inclut plusieurs histoires qui se déroulent en même temps, il faut appliquer une grammaire stricte. » Cela signifie que quand le spectateur regarde dans une direction, les histoires continuent dans les autres, et pour cela il faut conserver la mise en forme par séquences. Pour le script doctor, la sophistication ne sert pas nécessairement la narration – appliquer une grammaire narrative simple et maîtrisée, bien connaître le genre dans lequel on s’inscrit, permet au contraire de stabiliser la structure : « Les genres et les structures narratives maîtrisés suscitent bien plus l’engagement que  le médium en lui-même qui est là pour ajouter une dimension d’expérience. »

 


Cet article a été publié dans le cadre d’un hors-série en partenariat avec l’agence Brainsonic. Pour en savoir plus sur nos offres de brand publishing et L’ADN Studio, cliquez ici !

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