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En France, on n'a pas le droit de travailler plus de 48h par semaine

Le 16 juill. 2018

Du moins, c’est ce que dit la loi… Dans les faits, dans les entreprises où on ne pointe pas, c’est difficile à vérifier.

Début juillet 2018, la Corée du Sud annonçait une bonne nouvelle : le pays a décidé d’abaisser la durée maximale de la semaine de travail de 68h à 52h !

En France, on a tendance à penser que 52h, c’est ÉNORME ! Dans les faits… on s’en approche.

Les 35h, entre mythe et réalité

Il existe une confusion entre la durée effective de travail (qui est indiquée sur le contrat) et la durée maximale (qui est seuil à ne pas dépasser légalement). En entreprise, lorsque la durée effective est dépassée, cela entraîne des heures supplémentaires (et leur majoration). En revanche, les entreprises n'ont pas le droit de demander à leurs employés de travailler plus de 48h par semaine. On n’est pas très loin de la limite coréenne !

Des différences par statut, secteur ou taille d’entreprise

Il est évidemment difficile de vérifier que la durée maximale est respectée dans les entreprises où les équipes ne pointent pas. C’est vrai pour certains métiers (le conseil, les professions libérales), mais cela dépend aussi de la taille de l’entreprise. Quand on travaille dans une startup, on a tendance à ne pas compter ses heures. Dans les grandes entreprises, quand on est cadre forfaitaire, c’est pareil.  

Que risque une entreprise si la durée maximale n’est pas respectée ?

Légalement, un salarié qui travaillerait régulièrement plus de 48h par semaine pourrait mettre son employeur en contentieux. Dans la réalité, c’est un peu différent. Les personnes qui travaillent dans les entreprises aux horaires « atypiques » savent, en général, ce qui les attend. C’est admis, implicitement.

Mais ce n’est pas pour ça que c’est une bonne chose…  

Il y a une grande fierté à être débordé

Pour Laëtitia Vitaud, experte sur les sujets des nouveaux modes de travail et du futur de l’emploi, avoir des horaires extrêmes n’est pas signe de productivité.

Elle identifie trois cas de figure où la durée maximale n’est pas respectée :

  1. Conseil, droit, médecine : « il existe à la fois une pratique de la sélection et des rites initiatiques : ceux qui "craquent" soi-disant ne sont pas "faits" pour ça. En réalité, il y règne souvent une culture macho ».
  2. Secteurs où les heures sont facturables : « le modèle repose sur des heures payées : elles peuvent être de piètre productivité, du moment qu’elles sont facturées »
  3. Professions libérales, indépendants : « les heures sont extrêmes car il n’y a pas de limites internes ».

« Dans les trois cas, il y a toujours une grande fierté à être épuisé et débordé. C’est un signe de prestige social », décrypte-t-elle. « Mais si ton prestige vient de l'épuisement, c’est qu’il n’y a ni sens ni productivité dans ce que tu fais ! »

Les horaires sont-ils désuets ?

Aujourd’hui, la majorité des entreprises évoluent dans une logique de présentéisme. Pour faire simple, on verse un salaire contre un nombre défini d’heures travaillées. Mais ce n’est pas le seul modèle possible, et Laëtitia Vitaud y voir le symptôme d’un management à l’ancienne. « Les free-lances s’émancipent de ce système et n’hésitent pas à se faire payer au résultat plutôt qu’au forfait », conclut-elle.

C’est sûr que c’est plus évident pour les consultants que les médecins. Mais certains imaginent le débat autrement. Plutôt que de fixer un cadre légal unique pour tout le monde, pourquoi ne pas laisser plus de souplesse aux entreprises et aux salariés ? Chaque structure pourrait définir, sur un mode collaboratif, le nombre d’heures nécessaires par semaine. C’est déjà le cas dans certaines entreprises libérées : chez Indeed, par exemple, les équipes fixent elles-mêmes leur nombre de congés. Et ce n'est pas un prétexte pour ne jamais déconnecter. Chaque personne définit, avec son manager des tâches à accomplir plutôt qu'un nombre d'heures à remplir.

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