Nouveaux métiers du risque en 2030

Les nouveaux métiers du risque en 2030

© Loic Leray

Droit, psychologie, données ou encore management : les nouveaux métiers à risque du futur vont trouver une place dans tous les domaines professionnels. Analyse fictive et prospective sur le futur du travail - et de notre société.

Le data-thérapeute conjugal

Il dispose de données de santé sur ses patients. Il connaît leurs risques de maladies chroniques. Il a pu analyser la capacité de fertilité du couple. Il dispose également d’éléments concernant leurs expériences de vie qu’il a soumis à une application qui propose une modélisation statistique des risques d’accidents sociaux de chacun. Un algorithme inspiré des techniques de l’Intelligence artificielle permet de matcher les deux parcours et d’étudier les meilleurs “scénarios d’existence”. Son rôle consiste à réduire les risques de problème et d’orienter le couple sur une pure planète “love”. Il travaille en collaboration avec un réseau de conseillers en patrimoine. Il accompagne les évènements transidentitaires en lien avec le reste de la famille.

Le hackeur d’alerte

C'est la combinaison de l’activité de lancement d’alertes et du hacking d’entreprises. L’interopérabilité des données, lancée mi-2020 en Europe, à des fins de surveillance des risques de pandémie a permis le rapprochement et la normalisation de pratiques restées jusqu’ici à la frontière du légal. Le hackeur d’alerte travaille essentiellement dans le domaine de l’environnement avec les mairies, les collectivités locales afin d’identifier les risques de pollution dont la responsabilité serait portée par les entreprises accueillies dans les communes et de façon solidaire par les élus qui les ont autorisés. Il surveille également la qualité de l’air grâce à un suivi plus général du territoire (détection des feux de cheminée à « bois humide » par exemple).

© Stillness Inmotion

Le risk manager

Il est devenu un élément crucial de l’organisation de l’entreprise. Il ne se contente plus d’évaluer des risques industriels, ou terroristes comme il le fait depuis longtemps dans le secteur pétrolier ou pour la société d’exploitation de la Tour Eiffel, par exemple. Aujourd’hui, il garantit que la parité professionnelle est bien réelle à tous les postes de décision et qu’aucun de ses “hauts potentiels” ne produit de contenu en désaccord avec l’image de l’entreprise sur les réseaux sociaux. Il ne surveille pas les data des collaborateurs (c’est interdit), mais dispose d’un système d’alerte qui lui permet de prévenir le risque de trouble. C’est lui qui guide les choix de partenariat des égéries de marques. Il demeure l’interlocuteur des courtiers et prestataires qui assurent le risque de la compagnie.

Le consultant en Nudging

C'est un coach qui travaille plutôt en entreprise, en soutien aux Directions Générales. Outre son rôle d’analyste des réseaux sociaux, il propose pour chaque occasion de communication une équation-nudging visant à faciliter la coopération interne (c’est lui qui a demandé au prestataire de restauration d’entreprise de placer les fruits devant les desserts afin d’obtenir les bonnes data pour une future campagne contre le surpoids). Véritable couteau suisse, le consultant Nudging est bien souvent en charge de l’évènementiel et travaille de plus en plus en binôme avec les directions de Ressources humaines.

© Jasmin Sessler

Le dé-recruteur

C'est un accompagnateur des démissionnaires hésitants. Il les aide à reformuler leur CV en étudiant de près leur parcours, mais aussi leurs activités sur les réseaux sociaux afin d’établir leur “cercle de préférences”. Il travaille notamment avec les pouvoirs publics et les services de l’emploi et de l’environnement, et reçoit une prime lorsqu’il réoriente ses clients vers des entreprises peu polluantes. En lien avec les organismes de formation, il accompagne les démarches de recherche en ce sens, en fléchant les parcours vers des aides financières. Il rédige avec la personne sa lettre de démission et prépare l’entretien qui lui est consacré, veillant à sécuriser la stratégie réseau et la bonne entente avec l’ancien employeur.

L’avocat du territoire

Il travaille seul, mais préfère tout de même s’associer et créer ainsi une véritable structure de valeurs et de services. En 2030, le droit en urbanisme est devenu une matière primordiale en raison des mouvements de population des grandes villes vers la périphérie et la province. Il est particulièrement encadré par les contraintes nouvelles liées aux risques et donc au respect du droit à l’environnement : suivi des fournisseurs, contrôle des matériaux, alertes sur les changements de la jurisprudence et contrôle des normes juridiques des maîtrises d’ouvrage. À cela s’ajoute une importance nouvelle du droit des étrangers. Les territoires, en effet, se doivent non seulement d’assurer le respect de ce droit, mais, de plus en plus, d’élaborer des solutions innovantes à la fois urbaines et sociales qui pourraient servir de modèle aux politiques locales.


Cet article est issu de « L'Amour du Risque » , un dossier complet réalisé par L'ADN en collaboration avec le groupe Aéma. Pour accéder aux autres contenus qui le composent, c'est par ici !

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