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Les équipes de Mad Men en train de se battre

Cette entreprise a choisi de responsabiliser ses employés en leur confiant le recrutement... et ça marche !

Le 12 oct. 2018

Et si, plutôt que de tout verrouiller au niveau de la direction, on responsabilisait les employés en les laissant embaucher qui bon leur semble ? L’agence 5eme Gauche (Herezie Group) tente l’expérience.

Que ce soit par conviction ou par ego, les patrons aiment être impliqués dans le choix des nouvelles recrues. Et ce, même quand ils n’auront pas à travailler avec elles en direct.

Un non-sens qu’Edouard de Pouzilhac, Président de l’agence 5eme Gauche (Herezie Group), a choisi d’inverser.

 

Responsabiliser le middle-management

La démarche intervient dans le cadre d’une transformation profonde de l’agence. Le mot d’ordre ? « L’intelligence collective. » N’y voyez pas là un moyen d’intégrer une notion à la mode dans un manifesto sans fin. Ici, on casse les murs et on responsabilise les équipes.

Pour de vrai. Et ça commence par les processus de recrutement.

« On a choisi de responsabiliser le middle-management ». Comprendre : ces N+1 parfois désabusés qui se retrouvent à devoir travailler avec des gens qu’ils n’ont ni choisis, ni rencontrés. « Qu’un candidat soit jugé formidable par la direction ou les RH, c’est une chose. Qu’il y ait une alchimie avec son équipe, c’en est une autre. »

Pour Edouard de Pouzilhac, c’est juste une question de bon sens. « C’est le manager direct qui sélectionne les profils et les rencontre. Ensuite, il affine, et c’est au tour du N+2. Dans certains cas, je fais un dernier entretien, détaille-t-il. Mais c’est toujours le N+1 qui fait le choix final s’il y a un doute entre deux profils. »

Des nouvelles recrues choisies, pas imposées

L’initiative est en place depuis 4 mois. Le résultat, c’est que les premiers arrivants issus de cette méthode de recrutement sont bien plus intégrés. « Il n’y a pas cette distance qu’il peut y avoir parfois quand quelqu’un arrive dans une boîte. » Pas de méfiance ou de crainte : on sait que les nouvelles recrues ont été choisies, elles sont attendues. « Un recrutement, c’est super important. Je peux comprendre que certains patrons ou dirigeants souhaitent s’en charger eux-mêmes. Mais la limite de l’exercice, c’est l’alchimie. Rater un recrutement, ça peut vraiment déstabiliser une agence »

L’exercice a d’ailleurs plu aux recruteurs en herbe. « Leur nouvelle mission, c’est de devoir créer une culture d’agence, sur des critères qui ne sont a priori pas forcément les miens. » Personne n’a rechigné face à cette nouvelle tâche. « Je n’ai pas eu besoin de forcer quoi que ce soit. C’était la seule condition pour que ça marche : que les gens aient envie de le faire. »

 

On ne peut pas parler de l’évolution des métiers sans faire bouger le management

Pour Edouard de Pouzilhac, cette initiative est la suite logique de ce qu’il vit au quotidien. « En agence digitale, on ne cesse de constater que les métiers évoluent. Mais surtout, ces métiers doivent travailler tous ensemble. Pour le comprendre, il faut avoir fait des erreurs, s’être trompé sur des embauches, admet-il. Je commençais à remarquer des points de tension : je veux que les gens travaillent les uns avec les autres plutôt que les uns contre les autres. »

En conclusion, il compare les recrutements à des greffes. « Si ça ne prend pas, ça ne remet pas en cause la valeur d’une personne, mais sa capacité à s’intégrer dans un corps existant. » Inverser le processus de recrutement doit permettre à toutes les greffes de prendre. « Le problème identifié est le bon. Reste à voir si la méthode l’est aussi. Rendez-vous dans un an… »


Crédit Image : AMC - Mad Men

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