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Scarlett Johansson dans Ghost in the Shell

Business du deuil : la tech vers l'infini et l'au-delà

Le 15 févr. 2018

Avoir un cercueil connecté, envoyer ses cendres dans l'espace, chatter avec un proche décédé… la tech s'empare de la mort : pour vous aider à faire votre deuil, ou organiser avant l'heure les obsèques que vous souhaitez.

La tech brouille les frontières – géographiques, générationnelles, mais aussi entre la vie et la mort. Certaines initiatives servent simplement à nous simplifier la vie. D’autres se rapprochent carrément de Black Mirror, et là ça fait un drôle d’effet… Petit tour d’horizon.

InMemori : l'hommage funéraire 2.0

Créée en 2016, la plateforme InMemori a pour objectif d’aider les familles endeuillées à rendre un hommage numérique aux personnes disparues. Condoléances, souvenirs, témoignages et autres photographies sont réunies sur un même espace, partagé aux proches. Le site permet également de faire office de faire-part de décès et d’indiquer les informations pour les obsèques. Concrètement, ça ressemble à un mix entre MySpace et les profils MSN d’antan : sobre, une photo de la personne décédée, sa date de naissance et de décès, une section dédiée aux informations de la cérémonie et une autre aux hommages virtuels.

La startup, accélérée par Allianz et The Refiners, a depuis sa création accompagné 60 000 personnes.

L'interview de Clémentine Piazza de la start-up InMemori

Digital Legacys : la tombe connectée

Un QR code sur une pierre tombale : c’est l’idée de Digital Legacys, qui permet à quiconque le scanne de tomber sur un site dédié, sur lequel les morceaux de musique favoris de l’individu décédé, mais aussi des photos personnelles et des souvenirs.
Digital graves allow deceased to live forever on the web

Envoyer ses cendres dans l'espace avec Elysium Space…

Composée d’une équipe d’ « experts de l’espace et des funérailles », l’entreprise Elysium Space envoie les urnes funéraires en orbite. En bref, les familles des défunts reçoivent un kit au sein duquel il faut déposer les cendres – si vous n’êtes pas à l’aise avec l’idée, un professionnel peut vous accompagner – avant de le poster à l’entreprise, qui se charge par la suite de le placer dans une capsule spatiale qui finira en orbite – accompagnée d’un message de 80 caractères maximum.
Imagine Elysium Space - Space Burials & Celestial Services

… ou les transformer en arbre avec Bios Incube

Nous vous en parlions déjà en 2016, les équipes à l’origine de Bios Incube souhaitent que l’on remplace les cimetières par des forêts. En « plantant les cendres » d’un être disparu dans une urne biodégradable et connectée, vous pouvez les regarder pousser et se « transformer » en un arbre choisi. Une application, disponible sur mobile, suit la croissance de l’arbre et prodigue des conseils pour qu’il reste en bonne santé.
Bios Incube - World's first incubator designed for the after life.

With Me : la résurrection en 3D

L’entreprise sud-coréenne Elrois a dévoilé son application With Me, qui permet de « scanner » un être cher avant sa mort afin d’en restituer un avatar 3D. Il est ensuite possible de la faire apparaître en réalité augmentée. Il est ensuite possible de se prendre en photo à ses côtés, ou même d’avoir une conversation (limitée).
App creates selfies with dead relatives - BBC News

Eternime : l'immortalité sur liste d'attente

Eternime entend répondre à une peur bien répandue : celle d’être oublié après sa mort. En collectant vos pensées, vos histoires et vous souvenirs, la plateforme crée un avatar intelligent qui vous ressemble comme deux gouttes d’eau. Virtuel, celui-ci peut, en théorie, vivre pour toujours et partager vos histoires avec autrui.

Si l’expérience vous tente, il faudra vous armer de patience : seules quelques personnes peuvent s’inscrire chaque semaine pour rejoindre le programme – qui en a déjà séduit près de 40 000.

Terasem Movement Foundation : reproduire la conscience d'un être dans un robot

L’histoire de Martine Rothblatt est incroyable. Née Martin, suite à la maladie de sa fille Jenesis, l’entrepreneuse américaine initie le mouvement transhumaniste Terasem. L’objectif : créer l’analogie parfaite d’un être humain dans un robot, pour qu’après la mort, celui-ci puisse continuer à vivre.

Il s’agirait de construire une copie de la conscience d’une personne pour ensuite la télécharger. Pour l’instant, le projet s’incarne à travers BINA48, le robot à l’effigie de la femme de Martine Rothblatt, Bina Aspen Rothblatt. Cette-dernière éduque le robot en dialoguant avec lui, afin qu’il capture sa personnalité (à travers ses souvenirs, ses hobbies, ses croyances…).

« L’un des aspects philosophiques les plus intéressants de la cyber-conscience, c’est que l’on crée le meilleur miroir développé par l’humanité pour comprendre les humains », a-t-elle déclaré à l’occasion d’AI, Immortality and the Future of Selves en mars 2015.

Certaines solutions font froid dans le dos et semblent tout droit sorties d’un film de science-fiction et d’autres sont déjà d’actualité. Preuve s’il en est besoin qu’aucun secteur, et surtout pas celui du deuil, ne résiste aux ambitions de la tech.
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