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Angie, l’écologie de l’attention

Le 14 avr. 2017

A l’heure où l’attention devient une ressource rare, Angie préfère amener les gens à réfléchir. Rafraîchissant.

A l’origine agence de presse, puis agence de contenus, Angie devient progressivement un « bouquet de talents ». Eric Camel, fondateur et président-directeur général, tient à une souplesse qui permet d’intégrer les compétences… ou non. « Nous voulons garder notre racine entrepreneuriale, explique-t-il. Ne pas nous compliquer la vie par trop de politique… Je resterai sur ce concept : je ne crois pas aux groupes intégrés ou aux approches holistiques qui sont tellement chères à certains. »

Le ton est donné.

Fondée sur l’idée de rencontres, l’agence, qui compte actuellement 140 collaborateurs, principalement orientés sur les sujets corporate, BtoB et grand public, veut permettre aux entreprises d’obtenir des soutiens pour (co-)développer leurs projets. Soutiens dont l’intensité peut aller de l’abstention bienveillante à un engagement forcené, avec toutes les passerelles qui peuvent exister entre les deux.

Toujours dans un « souci extrême » de l’audience, Angie prône « une écologie de l’attention ». Interpeller les gens, oui, mais à bon escient.

L’émotion est sur toutes les lèvres, dans tous les algorithmes. Mais l’émotion telle qu’on nous l’impose aujourd’hui doit être 100% positive.

Les émoticônes en sont une parfaite illustration : cette gestion limitée de l’émotion ne satisfait pas les équipes d’Angie, qui préfèrent choisir une voie qui libère, qui amène les gens à penser… sans leur rentrer dedans. « On ne cherche pas à manipuler les gens : leur choix est réfléchi, mais surtout réversible. » Eric Camel se plaît à imaginer des émoticônes qui pourraient dire « ça m’a rendu curieux », « ça m’a ouvert l’esprit » ou « j’ai eu envie d’en savoir plus », en lieu et place des « haha » et des « wahou » qui englobent tout.

A l’heure où la data procure un pouvoir de « conviction massive », certains l’emploient à des fins « polluantes ». « Nous, nous voulons des écologistes. »

Parmi les talents d’Angie, on retrouve des intellectuels, des universitaires qui viennent faire réfléchir l’agence. « L’un des problèmes de notre secteur aujourd’hui, c’est la coupure avec l’académique. Or c’est quelque chose de fondamental. » Il s’agit de profils qui apportent des réflexions… et des solutions. « Chez nous, les gens sont là pour réfléchir et faire avancer leurs pratiques professionnelles, pas seulement dans une perspective tactique, mais dans un but d’enrichissement. » Mais tout le monde n’a pas d’appétence pour la réflexion…

De bonnes valeurs doivent exclure, pas intégrer. Nous savons qui nous sommes, où nous voulons aller, et il très important que ce projet soit partagé au sein de l’agence. Nous voulons des gens qui aiment penser contre eux-mêmes, se battre pour des idées, remettre en cause des statu quo. Le tout sans avoir de mépris pour les questionnements !

Pour Angie, esprit critique et inventivité sont indispensables : « Obtenir le soutien dans une société de liens faibles, choisis et réversibles, cela demande beaucoup d’exigence et d’attention. On ne peut pas se permettre de faire d’erreurs en corporate : le soutien est un sujet sérieux ».

Pour ce faire, l’activité d’Angie s’articule autour de trois piliers – le conseil (l’engagement des collaborateurs et la réputation), le contenu (stratégie, production, distribution de contenus et de médias) et les technologies (sourcing et développement de services digitaux) – au prisme des trois révolutions qui ont marqué l’époque – culturelle, mondiale et digitale.

« Ce qui rend notre métier merveilleux, c’est que nous sommes dans une époque comparable à la Renaissance : c’est excitant, même si c’est un peu stressant. Il y a de belles synergies qui se créent et des phénomènes qui s’accélèrent. Et dans cet écosystème, nous voulons être des conservateurs progressistes. »

 

Mélanie Roosen - Le 14 avr. 2017
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