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un homme monte des escaliers face à un temple égyptien
© Ubisoft Assassin's Creed

Dream job : découvrez les Indiana Jones du jeu vidéo

Le 12 déc. 2018

Pour offrir aux joueurs des mondes ouverts de plus en plus complexes et réalistes, Ubisoft a mis sur pied une équipe de documentalistes un peu particulière. Entre centre de recherche, agence de voyages et agence tous risques, découvrez ce métier méconnu de l’industrie du jeu vidéo.

En général quand on pense aux métiers du jeu vidéo, les mêmes clichés reviennent. On imagine des geeks spécialisés en programmation, modélisation 3D ou en level design. Pourtant, il existe chez Ubisoft une équipe tout à fait à part dans cette industrie. On l’appelle service Editorial Creative. Son rôle consiste à nourrir les artistes et les concepteurs du studio avec une multitude d’articles, de témoignages, d’analyses et d’images. Organisés au sein d’une base de données qui prend le drôle de nom de WTF (pour World Texture Facility), ces documents servent de base à la construction de ces univers virtuels immersifs.

Et oui Kevin, c'est grâce à des historiens que tu passes du bon temps !

Méconnu du grand public comme du monde des gamers, ce métier est à l’honneur dans l’exposition Behind the game consacrée à la saga Assassin’s Creed et installée à la Gaîté Lyrique. Il s’agit même du premier « niveau », montrant comment des historiens, des architectes, ou des anciens journalistes réalisent de véritables encyclopédies à chaque nouveau projet. « C’est l’un des éléments que l’on voulait mettre en avant, raconte Coralline Dufour, coordinatrice du projet d’exposition chez Ubisoft. Ce sont eux qui assurent la cohérence historique d’une série comme Assassin’s Creed. Si l’un de nos niveaux se déroule dans la cathédrale Notre-Dame ou sur la grande pyramide de Gizeh, ce sont eux qui nous apportent toutes les informations sur l’architecture, l’usage ou l’histoire du lieu. Mais leur angle principal est aussi de comprendre le fonctionnement de la vie quotidienne dans un pays en particulier ou à une époque spécifique. Pour créer un univers vraiment immersif pour les joueurs, il faut connaître les religions, les classes sociales, les métiers, la monnaie ou les conflits du monde dans lequel ils évoluent. »

Envoyer les équipes en Bolivie pour qu'elles intègrent les forces militaires

Pour Olivier Dauba, directeur éditorial chez Ubisoft, ce travail va au-delà de la simple documentation. Il permet aussi d’inclure dans les jeux des expériences qu’il est impossible de connaître sur le papier. « Les directeurs de projets viennent nous voir avec une liste de lieux qu’ils veulent mettre dans leur monde, explique-t-il. On va débattre de la pertinence de ces choix et une fois que tout est validé, on organise des voyages sur place avec les équipes de créatifs pour qu’ils puissent s’inspirer des lieux. Comme on travaille pour tous les jeux Ubisoft, il nous arrive aussi d’organiser des activités un peu particulières. Pour le titre Ghost Recon par exemple, on a envoyé nos équipes en Bolivie pour les faire intégrer des forces militaires responsables d’opérations contre les narcotrafiquants ! Ils n’ont pas tiré de coups de feu, mais ça leur a permis de vivre sur le terrain une expérience et des sensations qu’ils pouvaient retranscrire dans le jeu. »

Quand les joueurs découvrent que les Égyptiens ont la peau noire

Malgré cette volonté de réalisme, Olivier Dauba reste conscient que cette démarche a une limite quand il s’agit de jeu vidéo. « On n’oublie pas que l’on travaille dans le monde de l’Entertainment, raconte-t-il. Certains éléments du jeu ne sont donc pas réalistes ou pas prouvés par les sciences, mais servent surtout la narration et l’expérience de jeu. Les distances de nos mondes ouverts sont plus réduites, afin d’éviter aux joueurs de chevaucher pendant des heures pour aller d’une ville à l’autre ».

Il arrive aussi parfois que la reconstitution méticuleuse de l’Égypte ou la Grèce antique permette au public de sortir de ses vieux préjugés. « Quand on a travaillé sur Assassin’s Creed Origins on a bien fait attention à donner une teinte de peau mate aux personnages, explique-t-il. C’est un choix qui a étonné certains joueurs qui étaient persuadés que les Égyptiens avaient la peau blanche. En fait, la plupart des gens ont une vision de ce pays basée sur les vieux péplums avec Charlton Eston et Elizabeth Taylor. »

Pour mettre en valeur ce travail de recherche, l’exposition permet donc aux visiteurs de naviguer dans une version esthétique et futuriste de la base de données utilisée sur le jeu Assassin’s Creed Origins. En manipulant des écrans tactiles, il est possible de découvrir les photos et les sources historiques qui ont donné naissance à ce monde virtuel très riche. Le travail est si complet qu’il a même donné lieu à une extension éducative intitulée Discovery Tour. Les joueurs peuvent y effectuer des visites guidées de l’univers et des monuments reconstitués. Cette dernière peut être téléchargée gratuitement par les visiteurs de l’exposition. Une raison supplémentaire d'aller faire un tour à cette exposition réussie.

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