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Bois d’ameublement : comment choisir un matériau durable ?

© Marcin Jozwiak

Peu coûteux et écolo, le bois a la cote dans le secteur de l’ameublement. Pourtant, 10 % du commerce international du bois concerne des matériaux illégaux. Alors, comment choisir un meuble respectueux des forêts et de la biodiversité ?

De la table au buffet en passant par la bibliothèque ou le fauteuil, le bois s’invite dans n’importe quel meuble de la maison. Ce matériau renouvelable capable de stocker le CO2 est aussi de plus en plus recherché pour ses qualités écologiques. Adieu le synthétique, exit le plastique, l’ameublement du 21ème siècle se veut naturel. Conséquence de cet engouement généralisé : une forte hausse de la demande.

Mais qui dit plus de bois dans nos meubles dit également plus de risques de tomber sur du bois illégal. Selon l’ONG Greenpeace, « 10 % du commerce du bois international concernerait du bois illégal, soit 150 milliards de dollars par an. » À l’heure où la consommation responsable s’impose, il est primordial de connaître l’origine du bois qui compose nos meubles. Mais comment garantir que le bois de votre commode provient d’une filière durable ?  

Garantir une gestion durable des forêts 

Commençons par quelques définitions. Par bois illégal, Greenpeace entend : « corruption pour obtenir des accès à des zones forestières protégées ; coupes d’arbres sans permissions dans ces zones, dont des espèces rares et protégées ; prélèvements supérieurs aux quotas autorisés ; production de faux documents lors des contrôles aux frontières ; soustraction à toute la fiscalité en vigueur sur ces produits. »

À l’inverse, de quoi parle-t-on quand il s’agit de filière durable du bois ? Pour Daniel Vallauri, responsable du programme pour la préservation des forêts chez WWF, il y a deux critères principaux pour définir une filière durable du bois d’ameublement : le critère de la légalité et celui de la qualité de la gestion des forêts. 

Par légalité, Daniel Vallauri fait référence à la manière dont est gérée l’exploitation forestière. Il n’est en effet pas rare que quelques individus peu scrupuleux tentent de se soustraire à la loi. Très concrètement, « en forêt, certains ne respectent pas le volume qu’ils ont le droit d’exploiter », explique-t-il. Et n’imaginez pas que cette pratique concerne seulement les exploitations lointaines du Brésil ou de l’Indonésie, l’Europe aussi est concernée. Selon un article du European Data Journalism Network, en Roumanie, entre 2014 et 2018, près de la moitié des 38,6 millions de mètres cubes de bois proviennent de coupes illégales. 

Autre critère pour définir une filière durable du bois selon l’ONG, celle de la qualité de la gestion des forêts. Selon Daniel Vallauri, peut être considéré comme durable un bois issu d’une forêt dont la gestion prend en compte la biodiversité, la déforestation ainsi que les peuples autochtones dans le cas des pays tropicaux. Car la forêt n’est pas seulement un puits de carbone. C’est aussi « le refuge de 90 % de la biodiversité terrestre, un moyen de stabiliser les sols, un lieu de loisir, de travail et de vie », précise Aurélien Sautière, directeur exécutif de l’écolabel FSC.

Le label FSC : une certification robuste pour faire un choix durable

Heureusement, pour pouvoir faire son choix en connaissance de cause, il existe plusieurs labels et certifications qui garantissent aux consommateurs et consommatrices que le bois n’alimente pas les trafics en tous genres et respecte l’environnement. Celui que les ONG mettent en avant, c’est le label FSC. Créé en 1994 dans la foulée du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, le label FSC (Forest Stewardship Council) assure que la production du bois ou d’un produit à base de bois respecte la gestion durable des forêts. 

Ce label se retrouve dans une multitude de filières, de l’emballage au textile en passant par l’ameublement. Comme nous le rappelle Aurélien Sautière, obtenir la certification FSC, c’est la garantie de deux grands standards, celui d’une gestion durable de la forêt mais aussi de la traçabilité. Il précise : « chaque maillon de la chaîne doit avoir sa certification pour que le produit soit certifié à la fin. » Concrètement, avoir un meuble estampillé FSC signifie, entre autres, qu’une forêt naturelle ne sera jamais transformée en forêt de plantation au rendement très productif, et que les zones de biodiversité seront conservées. 

Ce travail est effectué par des organismes extérieurs qui sont chargés de réaliser des audits chaque année. Pour le secteur de l’ameublement, dont la production est souvent éclatée avec des composants venant de différentes régions du monde, le label FSC constitue l’assurance que le meuble correspond de A à Z aux 10 principes et 70 critères communs qu’il édicte. 

Des limites mais aussi des solutions pour les consommateurs 

Malgré toutes ses qualités, le label FSC n’est pas parfait et certaines données échappent à son spectre. Le label ne peut garantir l’origine de toutes les essences de bois que comprend le marché et certaines régions du monde ne sont pas couvertes par la certification. Pour compléter le travail du label, certaines entreprises prennent les devants. C’est le cas de Maisons du Monde qui se repose sur le label FSC pour garantir la durabilité de 70 % de ses produits en bois. Pour compléter le dispositif concernant certaines essences de bois en Inde, non couvertes par la certification, l’entreprise française a mis en place un partenariat avec l’ONG Earthworm Foundation. L’objectif : permettre une traçabilité complète de la forêt jusqu’au consommateur.

Mais comment faire quand le meuble que l’on convoite n’arbore absolument aucun label ? Daniel Vallauri recommande de faire attention à l’essence du bois, et conseille de préférer les essences locales : « vous prendrez beaucoup moins de risque en choisissant du bouleau, du hêtre ou du chêne plutôt que des bois tropicaux. » Vous avez plus de chances de tomber sur une essence responsable si elle provient des forêts françaises plutôt que celles du bassin du Congo ou de la forêt amazonienne. 

Malgré tout, le label FSC reste une référence fiable et solide. D’ailleurs, selon une étude indépendante, les forêts certifiées FSC offrent plus d’avantages sociaux aux communautés locales que les forêts qui ne sont pas certifiées. Conduite dans le bassin du Congo, elle « démontre combien la qualité de vie s’est améliorée dans les bases de vie autour des concessions certifiées FSC depuis que les sociétés forestières poursuivent une gestion des forêts exigeante et responsable, conforme au cahier des charges de la certification FSC », nous apprend WWF


Cet article est issu de « Beau et Responsable », un dossier complet réalisé par L'ADN en collaboration avec Maisons du Monde. Pour accéder aux autres contenus qui le composent, c'est par ici !

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