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rue d'un ville incendiée
© Getty Images - Leolintang

Signal chaud ! Le dérèglement climatique a eu la peau d'un géant américain de l'énergie

Le 8 févr. 2019

Hot news ! PG&E se déclare en faillite. Le géant de la distribution de gaz et d'électricité américain entrera ainsi dans l'Histoire comme ayant été la première société victime des conséquences du dérèglement climatique. Un récit édifiant à connaître... 

"Victime du dérèglement climatique"... l'expression n'est peut-être pas bien choisie. Car l'histoire récente de la société centenaire est pavée de loupés, et elle traine derrière elle une réputation sulfureuse. Pacific Gas & Electric Company, vous connaissez. C'est contre elle qu'Erin Brockovich guerroyait dans une sinistre affaire d'eau polluée par le chrome hexavalent à Hinkley, petite ville du sud de la Californie. En 1993, la société avait été condamnée à verser 333 millions de dollars d'indemnités à plus de 600 plaignants. Une histoire mise en film par Steven Soderbergh en 2000.

Depuis, Pacific Gas & Electric Company est resté sous les feux de la rampe... en étant régulièrement mise en cause dans la série d'incendies qui ravagent la côte ouest des Etats-Unis.

Comme le rappelle un article paru le   The New York Times : "Les enquêteurs ont déterminé que PG&E était à l'origine d'au moins 17 des 21 grands incendies dans le nord de la Californie en 2017. Elle est soupçonnée également dans certains des incendies de 2018 qui ont été décrits comme les pires de l'histoire de l'État, dont un qui a fait au moins 86 victimes, et détruit la ville de Paradise."

C'est ce dernier qui aura peut-être la peau de la compagnie, laquelle estime à 30 milliards de dollars les dédommagements qui lui sont demandés.

Résultat : un géant qui part en fumée, 13,4 milliards de dollars de CA qui s'évaporent, 5,1 millions de clients à recaser, pas loin de 20 000 salariés sur la touche.  

Mais quel est le lien avec les dérèglements climatiques me direz-vous ?

Le berceau de la Silicon Valley a toujours eu un climat sévèrement sec. Mais depuis plusieurs années, il est carrément déclaré en surchauffe : des hivers plus courts, des étés plus longs, un manque d'eau inquiétant, un assèchement des sols, des vents plus chauds et plus violents qui favorisent les incendies et les rendent plus difficiles à combattre. 

Dans ce contexte, les installations électriques de Pacific Gas & Electric Company ont été mises à rude épreuve. Leur entretien est devenu plus exigeant. Leurs déficiences plus catastrophiques. Autant d'éléments qui supportent mal les atermoiements et les petits arrangements avec les mesures de sécurité.

Certes, le slogan de PG&E "We're Building a Better California" ne convaincra plus personne. Mais il ne faudrait surtout pas désigner la firme comme un bad boy isolé dont la mise à l'index constituerait une victoire. Au contraire, sa faillite sonne un signal. Il nous indique qu'il est désormais patent, concret, parfaitement clair que le dérèglement climatique ne dérèglera pas que le climat. Il nous indique que les Etats et les entreprises ne peuvent plus se soustraire, et doivent le mettre à l'agenda de leurs choix stratégiques. Et que c'est à faire là, maintenant, tout de suite.

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