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Un signe lumineux avec des billets de banque et l'inscription Money
© RedlineVector via Getty Images

Une loi sur les data : parce qu’elles le valent bien

Le 28 juin 2019

Ce n’est pas un secret : nos data rapportent gros. Ce qu’on sait moins, c’est combien elles rapportent exactement. Aux États-Unis, une loi pourrait bien changer la donne.

Il y a près de 20 ans, nous avons fait un drôle de deal avec ceux qui s’apprêtaient à devenir les géants du web. Contre une avalanche de contenus servis à volonté et en buffet gratis, nous allions leur fournir un accès quasi illimité à nos données.

À l’époque, franchement, cela ne nous a pas inquiété. Les data, on ne savait pas très bien ce que c’était, et encore moins à quoi ça pouvait bien servir.

Depuis, on n'a pas tout compris, mais on a compris au moins une chose : nos données ont de la valeur, et on n’a peut-être pas très bien négocié le dossier. De leur côté, les pontes du web ont pompé nos données et ont toujours su quoi en faire : les analyser, les revendre, nous manipuler… et ont empoché le pactole.

Combien valent nos data ?

C’est justement la question de la valeur des données qui anime en ce moment le Sénat américain, à cause d'une loi proposée par le démocrate Mark Warner et le républicain Josh Hakwley. C'est pas joli, ça ? De voir des opposants politiques s'unir dans leur haine commune des GAFA ?

Leur idée ? Obliger Facebook, Google, Amazon et d’autres grandes plateformes à communiquer sur ce que valent les données qu’elles récoltent. Mark Warner estime que les données produites par un individu sur un mois valent environ 5$. Pour d'autres, on se rapproche plutôt des 20$. Tout dépend en fait des données collectées. C'est flou, et c'est bien pour ça qu'il faut légiférer.

Avis à celles et ceux qui se voyaient déjà empocher un chèque de Zuckerberg en fin de mois : on se calme. L’objectif n’est pas d’obtenir un retour sur investissement de nos données, mais de fournir plus de transparence aux internautes.

La Loi DASHBOARD

Puisque les Américains sont très, très forts en acronymes, ils en ont trouvé un bon : la loi s’appelle DASHBOARD, pour Designing Accounting Safeguards to Help Broaden Oversight and Regulations on Data.

Concrètement, elle imposerait aux entreprises de plus de 100 millions d’utilisateurs mensuels qui se rémunèrent en partie grâce à nos données de fournir aux internautes :

  • le type de données collectées,
  • de détailler comment elles sont utilisées
  • et de préciser combien elles valent – et ce tous les 3 mois.

Du rififi chez les GAFA

Problème : pour évaluer une donnée, il faudrait que les plateformes se mettent d’accord avec une commission spéciale sur un système de calcul. Ceci implique de donner des informations sur les contrats négociés avec ceux qui achètent les données, comment elles génèrent effectivement des revenus, et les mesures mises en place pour les protéger. Aïe. Transparence et protection de la vie privée : tout ce qu’adorent les géants de la tech, en somme...

Évidemment, chez les principaux concernés, on fait un peu la moue. Google a refusé de communiquer, et Facebook espère encore pouvoir rediscuter, au calme, avec les sénateurs.

Bah alors les gars ? On vous pensait pourtant bourrés de bonnes intentions… Redonner le pouvoir aux utilisateurs, les respecter, leur proposer une expérience haute couture : c’est bien dans tous vos speechs de fin d’année, non ? C’est d’ailleurs l’argument principal du sénateur Warner. « Il est temps pour ces entreprises de joindre les actes à la parole. »

Et toc. Fallait pas fanfaronner.  

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