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tirelire cochon rose cassée et réparéee
© AndreyPopov via Getty Images

Introduction en bourse d'Uber : faut-il consacrer les business models non rentables ?

Le 10 mai 2019

L'introduction en Bourse d'Uber constitue une étape intéressante. Soutenu depuis 10 ans par la Silicon Valley, ce "fleuron" du numérique présente - entre autre bilan contestable - un modèle économique déficitaire. Alors, est-ce bien judicieux de continuer la surenchère ?

Uber, des chiffres vertigineux avec beaucoup de fragilités dedans 

Pour ses dix ans, Uber s'offre l'introduction en Bourse la plus attendue de 2019. La plateforme nous mitraille de très gros chiffres. Prenez votre souffle, ça donne le vertige. Après 22 séries de financement pour plus de 20 milliards de dollars levés, Uber peut s'enorgueillir en 2018 d'avoir conquis 91 millions d’utilisateurs répartis dans plus de 700 villes sur 6 continents, de délivrer chaque jour 14 millions de courses pour un chiffre d'affaires de 11,27 milliards de dollars. Pas mal pour une "jeune" pousse.

Mais Uber, c'est aussi une perte d’exploitation évaluée à 3,03 milliards de dollars, des défaites cuisantes (son retrait du marché chinois), des embrouilles juridiques permanentes avec, entre autres, des interdictions d'exercer sur certains territoires, une dépendance technologique inquiétante (Uber s'appuie fortement sur la technologie de cartographie de Google et aurait payé 58 millions de dollars sur trois ans à Google pour ses services de cartes), et des investissements lourds sur la voiture autonome - évalués à plusieurs milliards de dollars - mais à l'issue hasardeuse. Et puis, last but not least, Uber c'est aussi une série de badbuzz sur des pratiques managériales internes et externes franchement délétères.

Uber le reconnaît d'ailleurs. Dans le document que la firme publie à l'intention des investisseurs potentiels, elle affirme qu'elle pourrait ne jamais être rentable.

Uber, aux avant-postes d'une nouvelle bulle ?

Certes, on pourrait considérer que les problèmes d'Uber ne concernent finalement que Uber. Ce n'est pas l'avis de JL Michael Spencer. Dans une tribune parue dans thelowdown, ce consultant souligne que le cas Uber rappelle les dérives de la bulle Internet des années 2000, quand les business models non rentables étaient érigés en succès à suivre. De triste mémoire, on se souvient combien cet épisode fut sanglant. Le krach boursier avait provoqué la chute de plusieurs entreprises de premier plan et le licenciement de 200 000 travailleurs.

Mais, en 20 ans, le contexte a changé. Aujourd'hui, si les champions du numérique américains ne sont pas en mesure de prouver leur fiabilité, il faudra en consacrer de nouveaux capables d'emblée de faire face à ceux qui émergent de Chine.

Alors, oui ou non faut-il parier sur Uber, au risque de soutenir la loose probable de son modèle ? Ou faut-il laisser tomber pour ne pas risquer de faire vaciller tout l'édifice ? Faites vos jeux !

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