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jeune cochonnet

Facebook m'a tuer ! Comment la course aux formats vidéo fait couler les rédactions

Le 23 oct. 2018

On laissera la justice trancher. Est-ce que oui ou non Facebook a pipoté les audiences obtenues sur ses formats vidéos ? On parle tout de même de fake reports gonflés à hauteur de 150 à 900 %...  

Ce sont les annonceurs qui ont porté plainte devant les tribunaux américains. Les médias, qui y ont perdu des plumes - beaucoup de plumes - n'ont sans doute pas les moyens de se payer un procès.

En effet, dans la folie orchestrée autours des formats vidéos, les médias se sont fait raser gratis. Pourquoi ? Parce qu'ils voulaient être là où se trouvait l'audience.

Quoi qu'il en soit, les rédactions ont évidemment dû financer l'opération. Emoustillées par cette conquête qui fleurait bon la tech et l'innovation, elles ont donc recruté des vidéastes en masse. Mais comme il fallait bien trouver les sous, ils ont tranché dans leurs effectifs historiques - leurs journalistes. Violemment parfois. (Pour les chiffres de cette belle saignée, on recommande l'article de The Atlantic).

Ils ont donc tous appris à faire des vidéos, beaucoup de vidéos, mais pas n'importe quelles vidéos. Il fallait qu'elles répondent aux exigences édictées par la plateforme : elles se devaient d'être courtes, percutantes, et au format carré. Des contraintes si étriquées que toutes les vidéos ont fini par se ressembler, avec juste un petit logo pour les distinguer.

Hélas, trois fois hélas... les résultats se sont avérés plus que décevants - carrément nuls en fait.

Incontestablement, les audiences n'ont pas suivies. Le modèle économique n'a jamais été trouvé. 

Et ce qui devait arriver arriva. Les équipes vidéos recrutées ont repassé la porte, direction la sortie, tandis que les équipes licenciées n'ont pas été réintégrées. Evidemment.

Bilan de l'opération : des rédactions exsangues.

On devrait raconter cette histoire aux enfants. Elle pourrait être un nouveau chapitre à l'histoire des trois petits cochons.

Ce serait un petit cochon plutôt sympa, ni paresseux, ni tire-au-flan, mais qui aurait décidé de construire sa maison en demandant au loup de choisir la couleur, la taille et le modèle de son canapé, le nombre de chambres dont il aurait besoin, et s'il veut un dressing dans sa suite parentale...

On vous prévient, la morale de l'histoire tourne un peu en eau de boudin.

A la fin, le loup n'a même pas envie de mettre une buche dans la cheminée. Il se barre, et puis c'est tout. Par contre, c'est lui qui a gardé les clés.

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