enfant avec téléphone

1 internaute sur 3 dans le monde est un enfant

Le 12 déc. 2017

Le chiffre apparait dans le dernier rapport de l’UNICEF. Mais Internet est-il vraiment pensé pour eux ?

S’émanciper, apprendre et grandir dans un monde numérique, mode d’emploi : l’UNICEF met aujourd’hui en lumière la manière dont les technologies numériques influencent la vie des enfants, en bien, en mal, comme en plus nuancé.

Le scénario positif pour les années à venir ? Le numérique devient un vecteur de bien-être et de connexion aux autres pour les enfants stigmatisés pour des raisons de pauvreté, d’appartenance ethnique, de sexe ou encore de handicap.

Le scénario catastrophe ? Accessible à une poignée de chanceux, le numérique créera de nouvelles fractures.

Focus sur les solutions apportées par le rapport.

1) Constats clés : un internaute sur trois dans le monde est un enfant ou un adolescent de moins de 18 ans

  • Les enfants accèdent à Internet de plus en plus tôt : dans certains pays, les moins de 15 ans sont aussi susceptibles d’utiliser Internet que les adultes de plus de 25 ans, révèle UNICEF. La génération des moins de 13 ans, elle, regorge de « clandestins » que l’on peine encore à identifier puisque la majorité des clauses d’inscription leur interdisent, officiellement du moins, d’accéder à la plupart des plateformes. Ils sont pourtant bel et bien actifs, révélait Heaven dans ses études consacrées aux pré-adolescents sur les réseaux.
  • L'expérience en ligne se fait plus individuelle et manque de supervision : les smartphones favorisent une « culture de la chambre », dans laquelle l’accès à Internet de nombreux enfants devient plus personnel et privé.
  • Des fractures : dans le monde, environ 29 % des jeunes – soit 346 millions de personnes – n’ont pas accès à Internet. Les jeunes Africains sont les moins connectés. Environ 60 % d’entre eux n’utilisent pas Internet, contre seulement 4 % en Europe. À l’échelle mondiale, les hommes sont aussi plus nombreux que les femmes à utiliser Internet en 2017. En Inde, moins d’un tiers des internautes sont des femmes.
  • Des opportunités : la technologie numérique offre aux enfants des possibilités d’apprentissage et d’éducation, notamment dans les régions isolées et durant les crises humanitaires. Elle leur permet également d’accéder à des informations sur les problèmes de leur communauté et, ce faisant, de contribuer à leur résolution.

2) Le numérique, un levier indispensable pour apprendre, se connecter aux autres et faire entendre sa voix

Si la technologie représente un levier considérable en matière de partage des connaissances et d’éducation, elle ne remplace pas la qualité d’une bonne éducation et le soutien d’intervenants/enseignants qualifiés, souligne le rapport avant de mettre en avant les apports du numérique en matière de connectivité (blogs, vidéos, réseaux sociaux), de création de nouveaux marchés et d’emplois comme en matière de solidarité (crises humanitaires, transfert d’argent, partage d’informations).

Les récentes initiatives du Youtubeur français Jérôme Jarre abondent dans ce sens et permettent ainsi à certaines communautés en souffrances de faire entendre leur voix à travers le monde.

3) Fractures du numérique = opportunités manquées

Si obtenir une connexion Internet décente reste un enjeu de premier plan pour les enfants habitant en zone rurale et/ou dans un pays pauvre, l’éducation, les compétences, le type d’appareil et la disponibilité des contenus sont autant de facteurs qui peuvent leur promettre une connexion de qualité. Les enfants peu ou pas du tout connectés passent quant à eux à côté d’opportunités et de ressources pédagogiques déterminantes, un problème persistant à mesure qu’ils grandissent et entrent sur le marché du travail. Avoir et savoir utiliser Internet exerce de ce fait une influence considérable sur l’orientation que prendra leur vie.

4) Plus de vulnérabilité face aux dangers

Par extension, de nouvelles formes de maltraitances et/ou d’exploitation infantile se développent. Fortement plébiscitée par les jeunes, YouTube s’est récemment vu dans l’obligation de fermer la chaîne d’un père de famille accusé d’exploiter ses deux filles au profit de quelques milliers de dollars par mois. En parallèle, la multiplication de contenus à caractère pédopornographique ou simplement pornographique expose les enfants au sein d’environnements où ils sont censés se sentir en sécurité, qu’il s’agisse de contenus YouTube (une vidéo suggestive ou malsaine peut se retrouver à côté d’un contenu "innocent") ou de plateformes de streaming dont ils sont particulièrement friands. Touchés de façon disproportionnée en ligne, les enfants n’ont pas non plus les mêmes réflexes en matière de sauvegarde de leur vie privée.

Depuis 2012, UNICEF estime que 100 millions d’enfants se sont connectés à Internet pour la première fois. Sans mesure de protection, les enfants les plus défavorisés seront ainsi confrontés à des risques plus grands.

5) L’absence totale de vie numérique est aussi néfaste que le fait d’être trop connecté

De manière générale, les enfants qui ont eu la chance de nouer des liens sociaux depuis leur naissance utilisent Internet pour renforcer ces liens, affirme le rapport. A contrario, les enfants défavorisés, dépressifs ou n’ayant pas bénéficié d’une cellule familiale structurante pourront sentir que le numérique aggrave leurs difficultés. Par ailleurs, une surconsommation des outils numérique s’avère être aussi néfaste qu’une absence totale de leur utilisation. Trop connectés, pas assez… le contrôle des parents sur la vie numérique de leurs enfants doit se faire à la maison. Toutefois, le fait de recréer du lien tout en gardant un œil sur leurs agissements peut aussi se faire en ligne, sur leurs propres terrains de jeu.

Certaines apps à l'instar de Gallery Guardian permettent notamment aux parents d’être alertés lorsque leur enfant reçoit ou envoie des photos explicites ou à caractère sexuel. Si ce contrôle nécessite le consentement des deux parties prenantes, il est aussi la preuve que des compromis peuvent être trouvés via le numérique.

« Exploiter le positif, limiter le négatif », voilà ce que préconise l'UNICEF dans un monde où le nombre d’internautes mineurs ne cesse d’augmenter. Et la façon dont ils seront exposés aux médias numériques dépend de ce que nous choisissons d’en faire aujourd’hui.

Parmi les solutions avancées pour leur promettre un paysage numérique plus facile d’accès et sécurisé : Faciliter et faire baisser le coût de la connectivité, protéger l’identité et la vie privée des enfants en ligne, leur apprendre à s’informer et à se connecter en toute sécurité et les placer au cœur de la politique numérique !


Pour lire l’intégralité du rapport, c’est par ici : La situation des enfants dans le monde 2017 : Les enfants dans un monde numérique

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