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Margaux

Une bactérie mortelle en orbite

Le 14 févr. 2017

La Saint Valentin vous exaspère ? En ce moment, un pathogène létal est acheminé par Elon Musk dans l’espace, via SpaceX,  à 400 km au-dessus de nos têtes. De quoi saper le moral des amoureux…

Le 14 février 2017 ne sera pas, la journée exclusive de la Saint-Valentin. C'est aussi aujourd'hui qu'Elon Musk par SpaceX a prévu de lancer une superbactérie pour la livrer à la Station Spatiale Internationale. Son nom : le Staphylococcus Aureus (SARM), un staphylocoque qui a développé une résistance à plusieurs antibiotiques dont la méthicilline. Le SARM se propage principalement par un contact de peau à peau ou par contact avec des articles contaminés par les bactéries. Les personnes ayant des systèmes immunitaires affaiblis et souffrant de maladies chroniques sont plus sensibles à l'infection et il s'est avéré que le SARM se propage facilement dans des établissements de soins de santé. Si elles ne sont pas traitées, les infections au SARM peuvent entraîner de graves complications qui mettent la vie en danger telles qu'une infection du système sanguin, des os ou des poumons.

Et c’est plusieurs colonies de cette bactérie qui seront embarquées dans les fusées Falcon 9 de SpaceX pour être cultivées en laboratoire à l’intérieur de l’ISS, à « seulement » 400 kilomètres d’altitude en orbite autour de la Terre. Thomas Pesquet, astronaute français de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui y séjourne actuellement, devrait être ravi...
La microgravité ayant pour effet d’accélérer le processus de mutation, cela permettrait aux scientifiques d’anticiper les différentes phases d’évolution du SARM, avant que celles-ci n’apparaissent sur Terre. Il est toujours plus facile de combattre son ennemi quand on a une longueur d’avance...

Cette expérience donnera lieu à une étude dirigée par la NASA et Nanobiosym, un institut de recherche basé à Boston. Ce dernier a remporté un X Prize pour Gene-RADAR, un appareil qui scanne les fluides pour en extraire des séquences génétiques précises révélant la trace d’un virus, le tout en un temps record : le diagnostic final est disponible quasi en temps-réel et sera très précieux pour cette expérience.

« L’objectif est de tirer parti de l’environnement de microgravité sur l’ISS pour accélérer la révolution médicale, ici sur Terre », précise Anita Goel, PDG de Nanobiosym. « Anticiper les mutations résistantes aux médicaments conduira à l’élaboration d’une génération d’antibiotiques plus précis conçus pour stopper la propagation des agents pathogènes les plus dangereux du monde. […] Notre travail en microgravité sur la Station spatiale internationale est à la fois très pratique et fondamental. […] Je suis désireuse de démontrer mon hypothèse de 20 ans, à savoir que l'environnement peut profondément influencer le flux d'information à la fois du génome et du transcriptome. »

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