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Les pouvoirs de l'ADN synthétique

L’ADN synthétique va sauver la planète (et changer vos vies)

Le 8 juin 2018

Cure contre le cancer, fournisseur de cuir végane et disque dur nanoscopique, l’ADN synthétique a plus de tours dans son sac que MacGyver.

Si on vous proposait de modifier de l’ADN, qu’en feriez-vous ? Lui donner la capacité de produire de la soie pour produire de jolis carrés Hermès éthiques et pas chers, y stocker toutes les informations de votre entreprise pour ne plus avoir à payer de serveur ou guérir des maladies incurables ?

On vous rassure, vous n’aurez pas à choisir ! La biologie est sur le point de connaître une petite révolution. Plusieurs startups développent des technologies qui permettront de doter des micro-organismes d’ADN modifié, c'est l'ADN synthétique. Ces micro-organismes pourront alors stocker des informations, produire n'importe quelle protéine, comme la soie, ou prendre la forme de tissus, comme la peau. Ces processus existent à l'heure actuelle mais sont coûteux, c'est pour cela que des startups développent de nouvelles technologies qui permetteront, à terme, de produire de l'ADN synthétique de façon industrielle : rapide et pas cher. Les chercheurs et chercheuses sont sur les starting-blocks.

L’ADN synthétique, à avaler, étaler et porter

La lutte contre les maltraitances animales a pris de l'ampleur, s'invitant même, avec un succès mitigé, à l'Assemblée. Si cette révolution végétalienne est poussée par des activistes, elle est rendue possible par les nombreuses entreprises qui développent des alternatives alimentaires et vestimentaires véganes. Certaines utilisent l’ADN synthétique pour produire des plats ou vêtements garantis sans souffrance animale ou pour obtenir des molécules rares sans dépenser de sommes folles.

En septembre, Modern Meadow a lancé Zoa, sa première collection de vêtements en cuir végane à partir d’ADN synthétique. Bolt Threads fabrique, quant à elle, de la soie en reprogrammant des levures pour qu’elles fabriquent de la soie au lieu d’alcool.

Dans l’alimentation aussi, des entreprises végane se sont mises à l’ADN synéthique. Memphis Meats créent de la viande en laboratoire, tandis qu’Impossible Foods produit un équivalent de l'hémoglobine pour rendre sa viande végétale saignante.

Le groupe français Robertet, bientôt bi-centenaire, s’est allié à la startup star de l’ADN synthétique Ginkgo Bioworks pour fabriquer des arômes de pêche et d’abricot. L’ADN synthétique permet de diminuer les coûts de production de ces arômes tout en préservant les ressources naturelles, lit-on dans Le Monde.

Gingko a aussi récemment monté une joint-venture avec Bayer pour créer des microbes permettant à certaines graines (maïs, blé, riz) de produire, par elles-mêmes, un fertilisant.

Côté cosmétiques, l’ADN synthétique permettrait de produire certaines molécules rares à bas coût et dans le respect de la nature et des animaux. L’Oréal s’est ainsi doté d’un département « biotechnologies » mais difficile de savoir ce qu’il s’y passe.

L'ADN synthétique ne permettra pas seulement de protéger les ressources naturelles et d'épargner la vie animale, mais aussi de préserver des vies humaines.

De l’ADN pour soigner nos maux

L’ADN synthétique pourrait aussi sauver des vies. Cellectis ambitionne ainsi de vaincre le cancer en réparant les gènes défectueux.

Récemment, une équipe allemande a réussi à soigner un jeune enfant atteint d’épidermolyse bulleuse qui avait besoin d’une greffe de peau. Après avoir prélevé des cellules-souches et modifié son génome, ils ont pu cultiver des cellules de peau, suffisamment pour en faire une fine pellicule formant ainsi de la peau. Ils l’ont ensuite réimplanté sur tout son corps. Une greffe quasi totale de sa propre peau qui n’a donc causé aucun rejet.

La vie des diabétiques aussi va changer. Plutôt que d'extraire de l'insuline du pancréas de cochon, l’industrie pharmaceutique va pouvoir produire de l'insuline artificielle. Il suffira d'intégrer la séquence d'ADN de la protéine insuline au code génétique d'un micro-organisme afin qu'il en produise naturellement. Cette insuline artificielle, similaire à l’humaine, serait plus active, créera moins d'effets secondaires et durera plus longtemps dans le sang. Bye bye piggy.

Et les exemples se déclinent à l’infini. Mais l'ADN synthétique n'a pas que des applications dans le vivant, il permet aussi d'améliorer le numérique.

L’ADN synthétique, ce disque dur du futur

Dans nos sociétés hyper connectées, le stockage des datas est en train de devenir un véritable problème écologique et économique. Là encore, l’ADN synthétique pourrait changer la donne.

Nos fichiers informatiques ne sont rien de plus que du code binaire et l’ADN que du code « adénine, guanine, cytosine et thymine » (les quatre bases azotées qui composent la molécule d'ADN). On peut donc transformer le code de n’importe quel fichier pour l’intégrer dans de l’ADN et ensuite de stocker ce code génétique dans une molécule.

« Il est possible d’imaginer une grande bibliothèque de tubes à essai, chaque tube contiendrait de l’information stockée sous forme d’ADN et cette bibliothèque ne serait pas plus grande qu’une pièce moyenne » explique Sylvain Gariel, fondateur de DNA Script.

Quand on sait qu’un data center occupe l'équivalent d'un stade de foot et consomment des quantités inquiétantes d’énergie, et qu’on sait à quel point les bandes magnétiques peuvent se dégrader avec le temps, on comprend que les entreprises concernées, comme Microsoft, soient aux aguets.

Mais toutes ces expérimentations ont un point en commun : elles coûtent bien trop cher, pour l'instant. Heureusement des startups de deep tech sont sur le point de rendre la production d’ADN extrêmement abordable. Découvrez-les sur HOW.

Image d'en-tête par HBO.


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