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seed up final

Seed-up crée un nouveau modèle de startups

Le 30 janv. 2017

Seed-up a-t-il inventé une nouvelle manière de créer sa startup ? Ils vivent ensemble, développent des POC (proof of concept) pour des entreprises tiers, et travaillent sur leurs projets perso. aussi. Et ça marche !

Comme souvent, l’idée est née d’une frustration : celle de ne pas trouver un modèle d’organisation qui réponde à leurs aspirations.

Côté grands groupes, une discipline qui éteint la créativité, et toutes formes d’initiatives. Côté start-up, des contraintes qui, selon eux, ne valent pas mieux : des revenus nuls avec pour seule promesse un avenir incertain. Ils ne voient pas là matière à parler d’émancipation. Ils ont donc cherché une autre voie.

Paul Poupet, diplômé de l’Essec et Benjamin Poilvé, ingénieur ENSI, se sont rencontrés à Centrale, et courraient ensemble les hackathons. C’est là qu’ils ont rencontré Robin Lambertz, issu de la première promotion de l’école 42.

Ainsi est née Seed-up, la première hacker house de France, une formule qui hybride et pousse un cran plus haut les concepts de coworking et de coliving. Ils sont maintenant dix à travailler et à vivre ensemble dans un pavillon de banlieue à Fresnes. Au rez-de-chaussée, un atelier pour prototyper sommairement des POC (proof of concept). À l’étage, une grande pièce qui fait office de salon-salle-à-manger-bureau, pour vaquer sur les machines. Moyenne d’âge : moins de 30 ans. Profil : ingénieur, développeur, designer… L’idée ? Créer une entité mutante, mi-start-up, mi-coopérative, capable de produire un revenu suffisant pour leur permettre de développer leurs projets personnels.

Pour une part donc, les locataires génèrent et partagent des revenus destinés à payer leur loyer, à assurer les dépenses de la vie quotidienne, et à sortir des rémunérations (certains ayant le statut de stagiaire). Pour ce faire, chacun s’engage à consacrer 30 % de son temps à des missions communes. Ils chassent donc les clients qui viennent assez naturellement à eux. Et pas n’importe lesquels : Total, Système U, Michelin, le CNRS… Si les chaussures entassées dans l’entrée ou les pots de fleurs défraîchies du jardin font frissonner les amateurs de tendances (une télévision leur aurait proposé de réaliser chez eux une émission de télé-réalité), ceux qui reviennent reconnaissent surtout leurs compétences. Les colocataires sont tous fêlés de tech. Le machine learning, la reconnaissance d’image, le deep learning…, ils sont tombés dedans quand ils étaient petits, et depuis ils ne se lassent pas de fouiller dans ce qui se fait de plus pointu…

Une fois le temps des missions communes assuré, ils se consacrent à leurs projets personnels. Et ils n’en manquent pas : Hawker, une API de text-to-speech qui permet de passer un texte en mode audio, Liplo, un dessinateur de bureau en kit pour élaborer des dessins vectoriels, ou une clé USB universelle qui peut stocker un nombre illimité de données…  Quitte ensuite à eux de les faire passer à l’échelle.

Et si des revenus devaient en émaner, chacun toucherait sa quote-part.

Entre eux pas de hiérarchie. Il y a bien un « chargé de maison », Paul en l’occurrence, qui gère le planning avec les clients et celui, plus quotidien, de l’intendance. Mais ici, seule l’expertise fait foi. « Tout le monde respecte ça, tout en gardant un sens critique bien charpenté. Cela instaure une atmosphère de challenge constant, de débats hyperouverts sur tous les sujets », explique Paul. Et le modèle fonctionne. Bientôt, il devrait être dupliqué avec l’ouverture de deux nouvelles maisons : une à Levallois, l’autre à Lozère, près de Polytechnique.


Cet article est paru dans le numéro 9 de la revue de L’ADN : Les nouveaux explorateurs. Votre exemplaire à commander ici.


 

Béatrice Sutter - Le 30 janv. 2017
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