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La guerre du naming et du dépot de nom de domaine

Le 14 avr. 2015

Trouver un nom n'est pas simple mais la difficulté suprême arrive lorsque surgit le désormais classique casse-tête du dépôt du nom de domaine ! Une tribune d'Anthony Bleton, PDG Novius.

Si vous êtes en train de vous lancer dans la création d'un produit, d'un service ou d'une start-up, inévitablement, vous êtes conduit, à un moment ou à un autre, à l'exercice, ô combien délicat, de la création d'une marque. Délicat car il combine la difficulté d'être très créatif, l'impératif d'être représentatif de votre activité, l'obligation d'être court, facile à mémoriser, international, évocateur, etc. etc. j'en passe et des meilleurs ! Et il faut en outre que personne n'ait eu la même idée que vous auparavant dans le même domaine d'activité.

Mais la difficulté suprême arrive lorsque surgit le désormais classique casse-tête du dépot du nom de domaine. Et là, je dis bien casse-tête, la résolution d'un Rubik's cube étant un jeu d'enfant en comparaison. Eh oui, avec la mondialisation de nos économies, comment faire pour trouver un mot de moins de 10 lettres qui n'ait été utilisé par personne sur cette petite planète Terre ? Et comble du comble, même si personne nulle part ailleurs n'utilise la superbe marque que vos cerveaux fertiles viennent de faire éclore, il est quasiment certain qu'un parasite (je dis bien un parasite car c'est ce mot qui vous viendra à l'esprit quand vous le découvrirez) qu'un parasite disais-je aura déposé depuis plusieurs années le .com tant désiré dans l'unique but de spéculer, tapi dans l'ombre, sur l'arrivée d'une proie naïve et d'autant plus facile à capturer qu'elle n'a plus le choix.

Pour l'anecdote, je viens de créer Clubble une startup logiciel. Avec mes associés, nous avions trouvé une autre marque, géniale vous pensez bien, à laquelle personne n'avait pensé auparavant. Personne excepté LE parasite qui, après que nous lui en ayons fait la demande, nous a délicatement répondu que le .com était à vendre pour 65 suivi d'une virgule et de trois zéros : 65.000 $!!! Je lui ai donc gentiment répondu, à mon tour, qu'il me paraissait difficile que nous puissions faire affaire. Résultat, nous avons changé de marque !

Mais, me direz-vous, pourquoi ne pas avoir tout simplement fait l'impasse sur le .com ?

Et vous avez raison, il est d'autant plus possible de le faire qu'un nouveau monde est en train de naître sous nos yeux ! J'exagère à peine : en 2012, l'autorité suprême de régulation des noms de domaine, l'ICANN, a délivré le droit de création de près de 2000 nouvelles extensions, des plus sérieuses aux plus folkloriques : .paris, .hotel .pizza .sex .church .hiphop, .vodka .kiwi ! Du coup, toutes les fantaisies deviennent possibles... tartiflette.pizza, poutine.vodka, hollande.sex...

Malgré tout, certaines modes se dégagent : le .me permet de faire des jeux mots évocateurs join.me, call.me, kiss.me. Le .it également justdo.it, move.it , try.it

En ce moment, le .io fait fureur dans le monde des startups car il évoque les 0 et les 1, les in et les out. Le .co également, même s'il faut bien avouer que c'est un peu le .com des pauvres

Autre nouveauté, il est désormais possible de déposer des extensions de noms de domaine en idéogrammes chinois. Précisons que la chine a la plus grosse croissance pour les achats de noms de domaine. Est-ce que ceci explique cela ?

Donc vous avez raison, toutes ces possibilités permettent enfin de s'affranchir du .com

Et pourtant cette extension est loin de décliner !

Le prix moyen du .com d'occasion ne cesse d'augmenter. Il est passé de 1500 $ à 2500 $ en seulement quelques années et c'est toujours l'extension la plus chère. Elle représente près de 55 % du marché de l'occasion (plus que toutes les autres extensions réunies) et cette proportion ne cesse d'augmenter.

Il faut croire qu'elle fait sérieux et qu'elle est synonyme de succès : 86 des 100 sites les plus visités selon Google sont en .com !

Donc vous pouvez lancer une marque sans le .com, ce n'est absolument pas obligatoire mais il vous faudra une certaine dose d'indépendance d'esprit et de persuasion pour expliquer à vos internautes ou vos sponsors que quand ils tapent votre marque en ajoutant .com, ils tombent sur un site qui vend des presse-purées ou des sex toys !

 

Anthony Bleton

PDG Novius et Clubble

 

 

Rubrique créée en partenariat avec Novius.

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