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Real Humans

I.A. : peur sur l'emploi

Le 4 oct. 2016

L’intelligence artificielle inquiète : en France, on estime qu’1,5% seulement des emplois perdus pourraient être remplacés par des emplois dédiés (ingénieur, développeur, technicien). Aux USA, on pense que d’ici 2021, ce sont 6% des postes qui seront supprimés.

Ces conclusions viennent de tomber. Aux Etats-Unis, le cabinet Forrester vient en effet de dévoiler les résultats d’une étude : l'intelligence artificielle est susceptible de supprimer 6% des emplois aux États-Unis d'ici 2021, soit d’ici cinq ans seulement. Les premiers touchés seraient les métiers du transport comme les chauffeurs de taxi, les VTC, les chauffeurs de limousine, les conducteurs de camion avec l’arrivée des véhicules autonomes. Par ailleurs, toujours selon Forrester, seront également malmenés tous les métiers de service ou d’assistance : 45% des adultes interrogées aux Etats-Unis ou au Canada ont déclaré avoir recours à des assistants virtuels comme Alexa (Amazon), Cortana (Microsoft), Siri (Apple) ou Google Now (Google) ainsi que des chatbots.

Humans Need Not Apply

« D’ici à 2021, un raz de marée va commencer », affirme Brian Hopkins, Vice-Président de Forrester. « Les solutions pilotées par l’IA et les technologies cognitives vont remplacer des emplois avec des impacts principalement dans les secteurs des transports, de la logistique, des services clients et des services aux consommateurs ».

En France, c’est le méta-moteur de recherche d'emploi Joblift qui s’est intéressé aux effets de l’intelligence artificielle et de l’automatisation sur le marché de l’emploi. Si les postes de livreurs, facteurs et réceptionnistes comptent parmi les nombreux emplois à risque, il estime que l’arrivée de l’automatisation promet tout de même certaines débouchées. Il prévoit une demande de plus de 210 752 emplois dans ces domaines d’ici les quatre prochaines années. Malgré l'effervescence qu’engendre le développement de l'IA et l'automatisation, le secteur reste très spécifique et les opportunités d’emploi demeurent réservées à un bassin de candidats limité. Ainsi, l'arrivée de la vague d’emplois en lien avec l’informatique représente un maigre 1,5 % des sept millions de postes qui sont amenés à disparaître à cause de ces mêmes secteurs.

Joblift affiche plus de 5 296 offres actives dans le domaine de l’IA, incluant les emplois dans le secteur de l’automatisation. Selon l’étude, au cours des 12 derniers mois, le marché démontre une croissance de 37 % dans les secteurs de l’IA et de l’automatisation. En se fiant sur la croissance notée par l’étude, il est possible d’estimer la création d’au moins 210 752 nouveaux emplois d’ici 2020 en lien avec l’IA et l’automatisation. Il est important de préciser que cette information prend pour acquis une croissance fixe, et ne prend pas en compte l’arrivée de nouveaux emplois à ce jour. En comparaison avec les statistiques de l’étude du cabinet Davos (sept millions d'emplois en France seraient éliminés en raison de l’automatisation d’ici à 2020), cela ne représente que 1,5 % des sept millions d’emplois qui seront supprimés dû aux avancements technologiques.

Toujours selon l’étude, 50 % des emplois dans le secteur de l’IA et de l’automatisation exigent une formation académique d’un minimum de Bac+4. Parmi ces 50 %, plus des trois quarts des employeurs recherchent un Bac+5. Du coup, le marché d’emploi étroit se réserve à un bassin de candidats hyper-qualifiés. Une grande partie des formations académiques exigées sont directement en lien avec des études en informatique. Par contre, ce sont les diplômés en génie qui dominent. La banque de données démontre que 18 % des emplois dans ce secteur affichent le titre d’ingénieur, 11 % ont des titres de développeur, ainsi que 9 % sont des emplois de technicien. Ces emplois représentent 39 % de la totalité des offres affichés du secteur de l’IA et de l’automatisation.

Le plus grand recruteur dans l'industrie de l'IA et de l’automatisation en France est l’entreprise de jeux vidéo Niantic. Connue comme étant le développeur du jeu de réalité augmentée Pokemon Go, Niantic affiche plus de 160 offres d’emplois sur Joblift. La majorité des emplois de Niantic se trouve à Paris. La banque de données dévoile que 25 % de tous les postes reliés à l’IA et l’automatisation sont situés de fait à Paris. La capitale accueille notamment FAIR, la branche de IA de Facebook. À la tête des opérations de FAIR se trouve Yan Le Cun. L’importante présence d’Inria, le centre de recherche dédié au numérique, ainsi que l’arrivée prestigieuse de Facebook, donne lieu à un positionnement à la France comme étant le centre du développement de l’AI et l’automatisation en Europe.

Une petite angoisse? Surtout ne pas hésiter à suivre, Anthony Goldbloom, CEO de la startup Kaggle: il a fait le point sur les emplois menacés par l’intelligence artificielle et reste convaincu qu'il nous encore de longues années avant d'être bons à jeter.

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