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espion

Echo d’Amazon au cœur d’une affaire de meurtre

Le 3 janv. 2017

L'assistant intelligent Echo d’Amazon nous veut-il du bien ? Peut-il être cité comme témoin dans l’assassinat de Victor Collins ? Amazon dit que non... la justice prétend que oui...

Alexa, qui a tué Victor Collins ? Cet ancien officier de police a été retrouvé mort en 2015, dans le bain à remous de son voisin, Andrew Bates, en Alaska. Si ce dernier a plaidé la noyade accidentelle, la police, aux vues des traces de lutte, a conclu à l’homicide. Il fallait donc trouver des preuves… et c’est là que la domotique entre en scène.

Adepte de l’IoT sous toutes ses formes, Andrew Bates a notamment recours à un compteur d’eau intelligent : or, cette fameuse nuit de novembre 2015, celui-ci indique que le remplissage du jacuzzi a été activé entre 1 heure et 3 heures du matin. De quoi mettre la puce à l’oreille des enquêteurs qui maintenant s’intéressent de près au boîtier Amazon Echo, également présent sur les lieux du crime. Cet assistant domestique, commandé par la voix, aide son détenteur à coordonner le contrôle de ses équipements domestiques. Il suffit de prononcer un Alexa, Amazon ou Echo  pour l’activer. On peut alors lui demander ce que l'on veut : écouter de la musique, consulter les actualités, la météo, régler une alarme, faire démarrer son four... Toujours en alerte, puisqu’en veille audio permanente et connecté au cloud, avec ses sept microphones, l’Echo capte les sons mêmes à plusieurs mètres de distance même lorsque la télévision est allumée.

Introducing Amazon Echo

Et c’est là que le bât blesse… la police soupçonne l’assistant connecté d'avoir enregistré l'intégralité des événements survenus lors de cette fameuse nuit ou du moins d’en avoir transitoirement conservé les empreintes audio. Le parquet a ainsi obtenu un mandat de perquisition le 28 juin demandant à Amazon de lui transmettre toutes les données relatives au crime, selon un communiqué du procureur du comté de Benton publié par Ars Technica.

Problème, Amazon refuse de donner accès à l’Echo d'Andrew Bates. La firme n’en démord pas : si l’assistant connecté répond sur l’instant à la demande de l’utilisateur, jamais aucune donnée n’est sauvegardée entre deux demandes. Un refus qui soulève des doutes et rappelle étrangement l’affaire du FBI et du refus d’Apple de fournir les données du smartphone d’un des auteurs de l’attentat de San Bernardino. La police fédérale avait dû engager des hackers pour les dénicher. Une demande qui pose problème à l’avocate de James Bates.

En ce qui concerne l’affaire Victor Collins, si les données enregistrées par Echo permettaient de résoudre l’affaire, cela reviendrait à établir que les objets connectés sont des mouchards. Mauvais pub pour Amazon et pour toutes les entreprises engagées dans la domotique et plus largement dans les nouvelles technologies.

« Vous estimez que ce qui se passe dans votre maison est privé, j’ai donc un gros problème avec le fait que la loi puisse utiliser contre nous ces objets connectés censés augmenter notre qualité de vie», a délcaré Kimberly Weber, l’avocate d'Andrew Bates, sur le site The Daily Beast. De quoi relancer le débat sur les limites de la justice et la confidentialité des données...

On comprend mieux l’inquiétude des associations de défense de consommateurs européennes et américaines au sujet des jouets connectés, susceptibles de se transformer en espions. Le robot i-Que et la poupée Cayla ont notamment été pointés du doigt puisqu’activables par Bluetooth.

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