habillage
premium1
premium1
Un chinois en détresse au téléphone
© RyanKing999 via Getty Image

La Chine impose une sonnerie de smartphone humiliante aux personnes endettées

Le 22 mai 2019

En appelant une personne endettée, vous risquez de tomber sur un drôle de message automatique.

Visiblement, l’Empire du Milieu n’aime pas les mauvais payeurs. Dans le comté de Guanyun, des tribunaux locaux ont mis en place, avec certaines entreprises de télécommunication, un système de sonnerie un peu particulier. Si vous souhaitez appeler une personne qui est endettée, une voix vous prévient que ce dernier est fiché par le fameux système de crédit social.

D’après l’agence de presse publique Xinhua, le message d’attente indique : « La personne que vous être en train d’appeler a été placée sur une liste noire par le tribunal du comté de Guanyun. Veuillez s’il vous plaît exhorter cette personne à remplir ses obligations légales. Les employés du tribunal apprécient votre soutien. Merci ! ».

La liste noire des endettées chinois est totalement publique 

En février 2019, un autre dispositif d’humiliation publique avait déjà été testé dans la province du Hebei au nord de la Chine. Il s’agissait d’une sorte de radar qui géolocalisait les mauvais payeurs sur l’application WeChat, le Messenger chinois. En plus de leur emplacement, les utilisateurs pouvaient accéder à leur nom, leur numéro d’identification national et les raisons de ce placement sur cette liste noire. La base de données qui comptabilise les 13 millions d’endettés est publiquement consultable en ligne.

Dans le quotidien Global Times, la Cour populaire suprême de Chine s’est félicitée du fait que 3,5 millions de personnes endettées ont réglé leurs dettes en 2018. Le crédit social mis en place depuis 2014 aurait déjà empêché 17,46 millions de personnes d’acheter un billet d’avion et 5,47 millions d’acheter un billet de train en raison de leur faible score. Si cette chasse aux mauvais payeurs (et citoyens) choque en Occident, elle serait particulièrement bien vue par les Chinois.

Un système bien accepté

Dans un article paru en janvier 2019 dans le magazine Bloomberg, on apprenait que cette surveillance est bien acceptée. Elle permettrait notamment de procurer une forme de confiance entre les citoyens et les entreprises chinoises. Depuis une dizaine d’années, les habitants sont en proie à de nombreux scandales alimentaires et sont victimes d’un grand nombre d’escroqueries. Le système social permettrait donc de mieux tester la crédibilité des personnes qu’ils fréquentent, mais aussi de palier les faiblesses des institutions. Et tant pis si dans l’équation, les « Laolai» (endettés) sont discrédités, malgré leurs efforts pour rembourser leur crédit.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.