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Une femme qui regarde son écran de téléphone dans le noir
© Joel Sorrell via GettyImages

Avant, on créait des comptes Instagram privés pour stalker ses ex, maintenant, c'est pour faire du shopping

Le 9 oct. 2019

Sur Instagram, on connaissait ceux qui se créaient un compte parallèle pour stalker leur ex. Maintenant, il y a aussi ceux qui créent un compte pour shopper en paix.

Instagram revendique plus d’un milliard de comptes actifs. Mais sur la plateforme, un utilisateur peut se cacher derrière plusieurs comptes – jusqu’à 5, précisément. Les plus jeunes sont déjà des grands adeptes de la pratique. Un compte Instagram officiel qui respecte les codes du réseau et fait état d’une vie « idéale » – pensez photo filtrées, brunch soignés et selfies maîtrisés – et un Finsta, un compte privé destiné aux proches – pensez grimaces et cheveux gras.

Pour d’autres, un compte Insta parallèle a surtout pour vocation de surveiller sans se faire repérer un ex ou un crush. Une pratique qui pourrait se multiplier depuis que la plateforme a annoncé le retrait de la fonctionnalité la plus appréciée des stalkers. Mais la journaliste Molly Oswaks fait un tout autre usage de son compte alternatif. Pour The Cut, elle raconte comment elle utilise son shoppingram, son compte Insta secret dédié uniquement au shopping.

Le shoppingram : un compte consacré uniquement au shopping

Plutôt que d’aller stalker son ex via un compte secret – elle l’assure, il est bloqué sur chacun de ses comptes, Molly fait du shopping. Aucun post à déclarer sur son shoppingram, donc. En revanche, la shoppeuse compulsive se lâche sur les comptes qu’elle suit. Des magasins et des revendeurs d’articles de seconde main, principalement. « Le genre de comptes où le premier à commenter a la priorité sur l’article, » explique-t-elle. Une pratique que celle qui n’a pas envie « d’être prise à faire des enchères sur quelque chose d’aussi peu essentiel qu’une paire de boucles d’oreilles ou qu’un vase vintage » juge honteuse à l’heure où l’on parle surtout de changer nos modes de consommation.

Préserver son image auprès de ses proches n’est pas la seule motivation de Molly. Elle entend également protéger son intimité en ligne. Son « vrai » compte regorge de photos de ses amis, de son travail et d’elle-même. Des informations qu’elle n’a pas envie de partager avec tous les vendeurs de sa région. Ce compte shopping est aussi un moyen pour elle d’échapper à la publicité intempestive sur la plateforme. « Je n’ai pas envie de me retrouver face à un déluge de chemisiers vintage à chaque fois que j’ouvre Instagram pour poster une photo de mon chat, » affirme-t-elle.

Redéfinir sa relation avec Instagram

Avec le développement de nouvelles fonctionnalités comme Shopping, Instagram se mue en une plateforme commerciale. Plus grand-chose à voir avec le réseau social qui nous promettait simplement de pouvoir diffuser nos photos de vacances – retouchées ! – pour faire des envieux dans le monde entier.

Grâce à son shoppingram, la journaliste s’assure aussi d’un ciblage publicitaire maîtrisé. Sur ce compte privé, l’algorithme n’est nourri que par des recherches de produits qui l’intéressent vraiment. Et son dernier week-end à Palm Springs reste en dehors de tout ça. Une façon de reprendre (un petit peu) de contrôle et de redéfinir sa relation avec Instagram selon ses propres termes.

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